CAP-humeur

  • « Je tiens plus en l’air »

    … dixit Fernand dans les Tontons Flingueurs. Eh bien, c’est mon cas aussi, dix jours après le marathon de La Rochelle.

    On a beau dire, un marathon, ça fatigue. On court le dimanche matin, et puis le dimanche après-midi on a mal, le lundi on a mal, le mardi on a mal, le mercredi on a moins mal, le jeudi on n’a presque plus mal, le vendredi on se dit qu’il n’y a pas si longtemps encore (hier) on avait encore un peu mal, le samedi on se dit que maintenant qu’on n’a plus mal on pourrait songer à commencer à envisager de recourir un peu, hein, et le dimanche on se dit que demain c’est lundi et que le marathon c’était quand même il y a déjà, hein, une semaine, donc, hein.

    Le lundi, on endosse la panoplie de super-coureur, qu’est-ce que je mets ? quel temps il fait ? oh non pas ça, ah oui ça, j’ai peur d’avoir chaud, d’avoir froid, etc. La routine. Les réflexes reviennent. Et puis on sort. Pour ainsi dire, dans les cinq premières minutes, ça fait un drôle d’effet de recourir. Ça faisait si longtemps… Dix minutes, quinze, vingt. C’est sympathique de courir, c’est un peu long quand même. Trente minutes. Bon allez, on rentre. C’est marrant comme un footing de 35 mn peut faire mal aux jambes comme ça. Ça doit être normal.

    Le surlendemain, mercredi. Le marathon est loin, loin. C’était le mois dernier. Depuis on a repris l’entraînement. L’entraînement pour rien, d’ailleurs, puisqu’il n’y a aucune course en perspective. Mais un coureur, ça court. Sinon, c’est qu’il est blessé. Donc le mercredi, re-footing. Mais attention, pas 35 mn : 45 mn. Il s’agit d’élever le niveau. Les 35 mn, c’était pour faire genre je suis raisonnable, j’ai bien lu partout qu’un marathon ça laissait des traces et qu’il faut reprendre en douceur. 45 mn, c’est la norme, le minimum, pas d’excuse. Donc 4°C, pluie bien froide qui cingle le visage, les chaussures trempées au bout de dix minutes. Hum, le plaisir. Mais ça y est, la foulée est revenue, on accélère sous la pluie, on gambade, on saute dans les flaques, on slalome entre les parapluies, on fait la course avec les scooters, etc. et on va rentrer se faire un bon chocolat chaud, hum…

    On rentre. Et puis on ne le sent pas tout de suite, mais… On s’assoit, on se prépare un chocolat chaud. Il y a comme un problème. On prend une douche, aussi chaude que le chocolat. Ah oui, il y a un problème : putain, j’ai mal aux jambes.

    Jamais eu mal comme ça, même après des séances VMA de fou, des sorties longues de fou. Ce putain de footing de 45 mn vient de m’anéantir les jambes, voilà, tout simplement. Les cuisses brûlent, « je tiens plus en l’air », c’est fini, je courrai plus.