Longue distance

  • Bilan Paris-Dieppe (3 jours)

    Paris-Dieppe en 3 jours (en réalité Saint-Germain-en-Laye -> Dieppe).

    Programme théorique (170 km) :

    • J #1 : Saint-Germain-en-Laye -> Giverny : 52 km
    • J #2 : Giverny -> Rouen : 59 km
    • J #3 : Rouen -> Dieppe : 59 km

    Mais le programme effectif a été… de 123 km :

    • J #1 : Saint-Germain-en-Laye -> Giverny : 49 km
    • J #2 : Giverny -> Rouen : 36 km
    • J #3 : Rouen -> Dieppe : 38 km

    Récits des 3 jours :

    Première expérience de très longue distance sur plusieurs jours, donc aucune expérience… Je pensais pouvoir, à faible allure (entre 5’30” et 6’00”/km), enchaîner des distances journalières de ± 50 km, mais… non, j’en ai été incapable.

    Plusieurs raisons :

    • l’inexpérience, justement : je n’avais jamais couru plus de 42,195 km…
    • le sac à dos : d’un poids de 3,5-4 kg (dont 2 l d’eau, càd 2 kg), ça finit par peser… Je serais curieux de voir ce qu’aurait donné le même exercice sans sac – ça aurait été sans doute très différent.
    • la chaleur : journées de canicule à plus de 35°C tout le long du parcours, quasiment sans jamais d’ombre… Forcément tout l’organisme est modifié (le corps cherche en priorité à évacuer la chaleur) et la fatigue arrive beaucoup plus vite, sans compter les risques de déshydratation… (aujourd’hui, l’urgentiste Patrick Pelloux a rappelé à la radio que la pratique du sport par très forte chaleur accroissait considérablement le risque d’arrêt cardiaque, et ce, quel que soit le niveau du sportif… hum…)
    • l’alimentation : j’ai totalement éludé la question (en gros, sur le parcours, j’ai mangé 3 Grany en 3 jours…), ce qui m’a sûrement porté préjudice. Je n’ai carburé qu’à l’eau plate et (un peu) au Coca dans les bars. Mais pour le solide, il faut que je revoie ma copie et que je m’informe de ce qu’il faut faire. J’ai été frappé, cela dit, de voir à quel point je n’avais pas faim – pendant la course (ce qui peut sembler compréhensible, notamment à cause de la chaleur), mais aussi le matin et le soir, ce qui est plus inquiétant (par ex. problèmes de digestion à Rouen pendant 2h, le soir, alors que je n’avais qu’une maigre salade César dans le ventre).

    A retenir, en vrac :

    • Ma consommation d’eau a été impressionnante : j’ai dû boire 2 litres/10 km, soit 8 litres tout au long de chaque parcours… Ça me paraît incroyable et pourtant… Il est vrai que je buvais tous les 500 m environ, soit toutes les 2-3 mn (et encore, je me rationnais, j’aurais aimé boire plus – à voir tout ce que je buvais à chaque arrivée ou même lors de mes arrêts tout au long du parcours – Coca + eau – ce qui signifie que j’étais sûrement près des 10 litres/jour).
    • Ai couru avec mes “vieilles” Mizuno Rider bleues (oct. 2014) et elles ont été parfaites.
    • La crème anti-frottements Nok a été parfaitement efficace sur les pieds (absolument aucune ampoule ni aucun frottement) et plus ou moins efficace à l’entre-cuisses
    • Le short noir Gore est à bannir, même s’il a tenu (grâce à la crème Nok) pendant 30 km, il a brutalement créé d’énormes frottements à l’aine.
    • Le cuissard noir Gore convient à peu près, mais frottements très pénibles à la ceinture lorsqu’il est trempé de sueur (sinon OK à l’aine, avec de la crème Nok).
    • Le maillot blanc Gore est à bannir : frottements sous les bras (côté droit)
    • Le sac à dos noir Salomon est idéal, mais quel massacre dans le bas du dos…
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    • Ça s’est même un peu infecté… Obligé d’acheter (à Rouen) de grands pansements, mais l’un n’a tenu qu’une heure ou deux à cause de la transpiration (il était mis horizontalement – le second, posé verticalement, a mieux tenu). En revanche, le pansement sous le bras a bien tenu.
    • Le sac aurait pu être allégé de mon 2nd short noir Gore (qui, en plus, s’est avéré inadapté au très long cours) et de ma genouillère (+ 2nde peau). Quant aux affaires de rechange, n’ayant pris qu’un pantalon (très léger) + une chemise (manches longues, très légère) + une paire de chaussettes running noires… je ne vois pas ce que j’aurais pu supprimer.
    • Le gros tube de crème Nok s’est révélé INDISPENSABLE, malgré le poids.
  • XXIV. S10.3 – STL 3/3 125 km Paris-Dieppe [Rouen-Dieppe, 38 km]

    Troisième étape de mon périple Paris-Dieppe sur 3 jours.

    Programme du jour : Rouen -> Dieppe : 59 km. Mais je n’ai réalisé que 38 km… les 21 derniers km ayant été fait en auto-stop…

    > Garmin

    Départ 12:00 de Rouen. Je ne sais pas du tout ce que va être la journée. J’ai évidemment très mal aux jambes avant même de commencer… J’envisage même de faire 5 ou 10 km et de reprendre mon train pour Paris depuis Rouen. Je sais déjà que j’arriverai pas à rallier Dieppe en courant, c’est une certitude.

     

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    La bonne nouvelle, c’est qu’il y a quelques nuages et que la température semble moins étouffante. La mauvaise nouvelle, c’est que pour sortir de la ville, il y a une côte ahurissante (Mont Saint-Aignan) qui doit être à 15% ! Je la monte en marchant – pas le choix. Mais, parvenu au sommet, succède un long plat puis une très longue descente, où je retrouve un peu mes jambes, d’autant que les nuages font de l’ombre. Je sens tout de suite que, sans la chaleur du soleil, je me sens beaucoup mieux, et je bois moins. A partir du village de Maronne, je suis dans un fond de vallée, très plat, sur plusieurs km. Les nuages disparaissent, mais je peux courir à l’ombre des maisons ouvrières qui jalonnent la route. Je suis bien, pour la première fois depuis mon départ de Saint-Germain-en-Laye… Au village de Houlme, km 8,5, je songe à prendre mon 1er Coca dans un bar, mais la patronne a une sale tête et je ne lui demande que de l’eau pour ma petite gourde. Et je repars. Un peu plus loin, au village de Malaunay, les choses se compliquent, à nouveau je suis en plein soleil et je dois grimper sur plusieurs km avant d’atteindre un plateau à nouveau couvert par des champs. Et c’est reparti sous le cagnard. Heureusement, il y a de l’air – un air marin, frais, assez fort, qui me fait comme un ventilateur et qui me permet de ne pas être en surchauffe comme la veille. Du coup, je me sens mieux et ma foulée est moins lourde. Mais je suis bientôt à court d’eau et je ne croise aucun village sur la route. J’entre dans une sorte d’entrepôt (de réparation de voitures, quelque chose comme ça) où je demande au seul ouvrier présent si je peux me ravitailler en eau dans les toilettes. Il me regarde d’un air amusé et me dit que oui, bien sûr… J’y reste 5-10 mn, à m’asperger d’eau et à faire le plein. Je repars. Ça va un peu mieux. Quelques km plus loin, à un croisement (km 15), je me mets à l’ombre d’un arbre pour me reposer car j’ai déjà bien mal aux jambes.

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    Je repars. Longue, longue ligne droite le long de l’autoroute, qui monte et qui descend… Dans les descentes, je chante pour me donner du baume au cœur… Je ne croise aucun village. Je vise le village de Tôtes au km 28, où j’imagine qu’il y aura de quoi me ravitailler en eau. Je n’ai toujours pas mon Coca rituel…

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    Après 2h45 de course, je parviens dans ce village – enfin ! Je m’arrête chez un traiteur (car je n’ai rien à manger et je n’ai avalé qu’un pain au chocolat + café à Rouen) où je prends une petite quiche Lorraine et surtout une salade piémontaise qui me fait très envie… Et puis une canette de Coca ! La patronne ne m’autorise pas à manger dans sa boutique (pourtant délicieusement climatisée) car elle a « du travail »… Elle m’indique un Intermarché à la sortie du bourg. J’y vais (en marchant) et je m’installe dans le hall d’entrée, au frais : en fait, je m’effondre par terre, vidé. Les clients qui entrent et sortent me regardent bizarrement. Puis je sors pour m’allonger sur une pelouse en plein soleil pour faire sécher mon maillot trempé de sueur.

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    Je décide après cette longue pause (30 mn) de repartir pour 10 derniers km (je veux faire plus que la veille, par principe). Je me dis que 10 km passent vite, que ce n’est rien. En effet, les 2-3 premiers sont faciles, car j’ai mangé, bu, je suis (un peu) reposé. Mais bientôt la salade piémontaise se rappelle à mon bon souvenir… J’ai mal au ventre. Je ralentis un peu l’allure (et pourtant je ne vais pas vite). Je traverse le village de Bivile-la-Baignarde, où je croise des vaches et auxquelles je parle quelques minutes… Elles se retournent toutes une à une, viennent me voir. Je leur raconte mon périple. Elles semblent un peu ahuries par tant d’effort inutiles, alors qu’il suffit pour vivre de brouter tranquillement comme elles. Je repars. A nouveau une ligne droite qui n’en finit pas au milieu des champs. J’ai l’impression de ne plus avancer, j’ai mal aux jambes, je bénis chaque souffle d’air frais qui vient (encore) me freiner. Je vois le village de Belmesnil au loin. C’est là que je m’arrêterai. Je compte les paquets de 250 m, un par un.

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    Je traverse le village, je vois une station-service au loin, je sais que ce sera pile le km 38. Je m’accroche. Je le rejoins en jetant mes dernières forces. Je le dépasse de 100 m, pour faire exactement 38 km !… C’est fini. Un panneau de signalisation indique « Dieppe, 19 km ». En théorie, ce n’est rien, 19 km, mais à ce moment-là ça me fait l’effet de 100 km…

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    Entrer une légende

    J’achète une bouteille de San Pellegrino, dont je vide la moitié en 2 mn. J’ôte mon sac à dos qui me lacère le bas du dos depuis 3 jours (malgré pansements et crème anti-frottement), j’ôte mon maillot trempé comme une serpillère et me fais sécher un peu au soleil. Je veux être à peu près présentable pour faire de l’auto-stop. J’enfile ma chemise “civile” et tends le pouce. Au bout de 10 mn sans succès, je comprends que Dieppe est encore loin, et Paris n’en parlons pas… Finalement, un jeune type me prend et me dépose 2-3 km plus loin, à l’entrée de la Nationale. Et là, à nouveau, après 10 mn, un autre jeune me prend, très sympa. Les deux, à qui j’explique que je suis étonné que personne ne me prenne, me disent la même chose : « Oui, mais vous savez, avec tout ce qui se passe… » Bref, je suis à 18h30 sur le port de Dieppe. Je n’ai pas couru jusque là mais je suis content d’y être.

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    Plage de Dieppe

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    Je redécouvre Dieppe que je n’ai pas vu depuis enfant. Le port, la jetée, la grande plage de galets. Il y a une immense fête foraine entre la plage et le front de mer. Je déambule. Je marche. Je ne cours plus. Peu après, je suis installé seul au milieu de la rue piétonne du centre-ville, en train de manger un délicieux kebab… tandis que les boutiques ferment et que la rue devient déserte. Les mouettes hurlent au-dessus des toits. Une sorte de brume descend sur la ville. J’ai du mal à finir mon sandwich, je n’ai finalement pas très faim. Mais j’apprécie surtout mon délicieux Coca “cherry”…

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    Un peu plus tard, je suis dans le train pour Paris. Je suis heureux, j’y suis “presque” arrivé. A une période moins chaude, je le referai peut-être… entièrement !

    > Bilan (sportif)

  • XXIV. S10.2 – STL 2/3 125 km Paris-Dieppe [Giverny-Rouen, 36 km]

    Deuxième étape de mon périple Paris-Dieppe sur 3 jours.

    Programme du jour : Giverny -> Rouen : 59 km. Mais je n’ai réalisé que 36 km… les 23 derniers km ayant été fait en auto-stop…

    > Garmin

    Départ 11:00 de Giverny. Le soleil est déjà haut et les jambes sont assez douloureuses. J’ai quelques doutes sur la journée à venir. Mon genou (gauche) n’a pas l’air très en forme non plus. Ce n’est qu’à partir de Vernon (km 4) que je commence à aller mieux. La route est affreuse : j’avais imaginé de la jolie départementale tranquille et bucolique, mais ce sont de longues lignes droites où voitures et camions se croisent à toute allure.

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    Je n’attends  pas comme la veille le km 20 pour m’arrêter car aujourd’hui est prévue une plus forte chaleur encore, 37°C. Et comme je suis en plein soleil… Ma seule préoccupation du jour sera donc de m’hydrater correctement (ce que je n’ai peut-être pas fait suffisamment la veille). Je m’arrête donc au km 11 dans un “routier” sur le bord de la route. Ambiance “routier”… Au comptoir, un type engage la conversation sur la couillonade de l’été : l’affaire du burkini… « Moi, c’est pas en bateau que je te les renverrais dans leur pays, ce serait à la nage, avec leur burkini ! » Ah ah ah, et ça rigole à côté. Heureusement, le Coca reste toujours aussi délicieux après une 1h de course. Je repars et… oui, ça cogne bien ! Vraiment une sale route en ligne droite et sans ombre. Et, sans arrêt, toutes ces voitures et ces camions qui me croisent à pleine vitesse. Arrivé à l’entrée de la petite ville de Gaillon (km 16,5), je vois… un Mc Do ! Un peu tôt pour un 2ème Coca, mais tant pis ! je fonce… Bonheur de la climatisation, bonheur que ce Coca… Et la petite caissière qui me prépare une grand verre d’eau glacée pour ma poche d’eau… En sortant, je sens que je ne suis pas très bien, alors que je n’ai pas encore fait 20 km. La chaleur est terrible, pas un souffle d’air. Rouen me paraît très, très loin… J’y renonce secrètement. Je ne vise plus que d’avancer le plus possible et de finir en auto-stop.

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    Gaillon

    Je traverse Gaillon (petit bourg assez mignon, qui commence à fleurir vraiment la Normandie) puis, en sortant, que vois-je ? Une côte de dingue, toute en ligne droite, bien comme il faut sous le soleil (2-3 km de longueur).

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    Côte à la sortie de Gaillon

    Je prends mon courage à deux mains et décide de la gravir en courant, même à faible allure. En haut, à nouveau, un plateau sous le cagnard… où foncent les voitures… Je pense déjà à me ravitailler car, malgré mon plein chez Mc Do, mes réserves s’amenuisent (je bois environ tous les 500 m, et je pourrais boire 2 fois plus, je pense). Malheureusement, pas l’ombre d’un village au milieu des champs de blé. Au km 23, j’aperçois un panneau : “Fontaine Bellenger”.

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    Un nom si évocateur me tente… Je vais sûrement trouver de l’eau dans ce patelin. Je décroche de ma route pour rejoindre le village… qui s’avère complètement désert, sans commerce, sans âme… Et me voilà à errer dans ces rues sans air, à me dire que je viens de faire 1 ou 2 km supplémentaire pour rien – il faut que je rejoigne la route, là-bas, et elle me paraît loin…

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    Je me traîne sous la chaleur, et je suis obligé de me rationner en eau, ne sachant pas quand je pourrai me ravitailler. Enfin arrive au km 25 un semblant de village (quelques maisons en bord de route). J’aperçois une boulangerie, mais qui ne m’inspire pas. Je demande à une femme s’il y a un bar à proximité. Elle me dit de rejoindre le “centre”, ce que je fais (évidemment en marchant). Je trouve le bar : il est fermé.

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    Alors je retourne dans la boulangerie. La patronne me dévisage : « Vous courrez par ce temps? Vous savez que c’est très dangereux ?… » Bref, je lui achète un Coca… Je m’assois dans la salle à coté qui fait “café” : je n’en peux plus, je dégouline littéralement sur place, je n’ai peut-être jamais autant transpiré… Je me rafraichis abondamment dans les toilettes, je m’asperge d’eau froide, je bois… et je mange mon 3ème (et dernier) Grany – même si je n’ai absolument pas faim. Je reste longtemps au frais, en regardant la route et les voitures qui passent de l’autre côté de la vitre. J’évalue mes forces : je sais que je n’irai pas en courant en Rouen, je vise plutôt Pont-de l’Arche, dont je vois sur un panneau que c’est à 15 km. Je dois en être capable, et je ne ferai pas les 20 suivants pour Rouen, tant pis. Je reprends un Orangina, aussi frais, aussi bon. Je dis à la patronne que je ne m’attendais pas à une telle chaleur dans cette région à la fin août, et elle me répond, d’un air satisfait : «Eh, en Normandie, on n’est pas des pédés ! » Il est temps que je reparte. Et je repars. La départementale longe l’autoroute de très près, je regarde les voitures filer à toute allure vers Rouen… Et moi qui fais du sur-place. Au km 29 commence une très longue descente (enfin). Mais je n’arrive pas à “récupérer”, je suis comme sur du plat, avec les quadriceps douloureux en plus. Les lignes droites succèdent à d’immenses rond-points qu’il faut chaque fois contourner, et les rond-points succèdent à de longues lignes droites, toujours plus longues sous le soleil.

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    A la sortie de Saint-Etienne-du-Vauvray, je vois une côte qui traverse un bois, et qui me paraît terriblement longue… Je me dis que je n’y arriverai peut-être pas. D’autant que depuis quelques minutes, des douleurs très vives apparaissent à l’entre-cuisses (les frottements du short ont fait en réalité de gros dégâts) : je remets mon cuissard qui, lui, avec la transpiration, me lacère la taille… Bref, ça sent la fin. Je monte la côte à 2 à l’heure. Jusqu’à ce que je m’arrête.

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    Je repars. Je cours 500 m. Je marche. Je repars. Je cours 250 m. Je m’arrête. C’est fini, je n’irai pas plus loin. Compte rond, 36 km. Ridicules comparés aux 59 km prévus, mais tant pis. Je ne peux tout simplement plus courir, alors à quoi bon ? Je me repose 10 mn à l’ombre, histoire d’enlever mon sac et de reprendre ma respiration. Puis je fais du stop de l’autre côté de la chaussée, en plein soleil. Les voitures défilent. Au bout de quelques minutes, enfin, quelqu’un a pitié, une camionnette… Le type me parle anglais : il est polonais ! (Ah, les Français, quel peuple charmant, aidant, généreux, qui fait toujours la leçon aux autres)

    > Suite jour #3…

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    Cathédrale de Rouen
  • XXIV. S10.1 – STL 1/3 125 km Paris-Dieppe [St-Germain-Giverny, 49 km]

    Première étape de mon périple Paris-Dieppe sur 3 jours (en réalité Saint-Germain-en-Laye -> Dieppe).

    Programme du jour : Saint-Germain-en-Laye -> Giverny : 52 km. Mais je n’ai réalisé que 49 km… les 2 derniers km ayant été fait en auto-stop…

    > Garmin

    Départ 10:00 de Saint-Germain-en-Laye (j’aurais voulu partir plus tôt mais mauvaise nuit).

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    Dans les toilettes du « Pub 78 » à Saint-Germain-en-Laye pour un petit café d’avant-course

    Evidemment, sur les 1ers km, tout va bien… Bonne allure 5’30”/km dans la forêt de Saint-Germain, une vraie promenade de santé, le sac ne me paraît pas si lourd (entre 3,5 et 4 kg malgré tout, dont 2 kg d’eau). Je descends sur Poissy, traverse le centre-ville, puis tourne à gauche arrivé à la Seine, direction Orgeval. Le soleil commence à bien chauffer, mais c’est tout à fait supportable, d’autant que je suis personnellement encore “frais”. Je traverse Orgeval et… je n’ai fait que 10 km… Je me dis que ça va être long.

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    10 km ensuite sous un soleil écrasant, au milieu des champs… Je sens que je sors enfin de la banlieue. Je m’arrête au km 21, à Aubergenville, village près de Flins. Près de 2 h que je cours sous le soleil et je n’ai presque plus d’eau, je dois me ravitailler. Je demande à une femme qui attend son bus s’il y a un bar dans le village : « Vous savez que c’est dangereux de courir comme ça sous le soleil ? » me dit-elle sur un ton de reproche. C’est vrai, quelle idée ?… Je trouve un bar avec à l’intérieur 5 ou 6 clients qui ne parlent que… portugais. Je commande un Coca et… il est divin… frais, pétillant, sucré… Un délice absolu. En fait, je commençais à avoir bien chaud. J’avale un Grany, histoire de manger quelque chose quand même.

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    Bar d’Aubergenville

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    Je repars… il est plus de 13h et il doit faire 35°C à l’ombre, donc j’imagine au soleil… Route vers Mantes-la-Jolie, le long de l’autoroute que je vois au loin. Je reconnais les deux grosses cheminées de je ne sais quelle usine au bord de la Seine. Malgré la chaleur, je parviens sans mal à conserver une bonne allure, 5’30”/km, sans forcer. En fait, je ne souffre pas, je suis plutôt bien. Je traverse la ville (Mantes-la-Jolie) et, au km 34, en face de la gare, nouvel arrêt pour me ravitailler en eau (tout bu, soit 2 l en 13 km). Le patron, un Arabe, m’accueille avec un grand sourire : « Un verre d’eau, je suppose ! » Oh que oui. Et surtout, nouveau Coca… Je fais le plein en eau fraîche et je repars. Cette fois, la chaleur est vraiment accablante, ma foulée est moins facile, le sac plus lourd. Je trouve malgré tout un peu d’ombre sur la route en sortie de Mantes, dans le Bois de la Butte verte. Je traverse Rosny-s/Seine au km 40, et là j’ai vraiment chaud. Quelques km plus loin, je découvre (à hauteur de Rolleboise, le long de la Seine) une sacrée côte… et pas une goutte d’ombre. J’adapte mon allure et je finis par en venir à bout (1 bon km). Parvenu au sommet, plateau sans ombre au milieu des champs. Je sens que j’ai perdu des forces et que la chaleur m’accable à présent. J’essaie de me refaire une santé sur le plat, puis dans la descente vers le centre de Bonnière-s/Seine. C’est à ce moment que je craque : je suis au km 45, je cours depuis un peu plus de 4 h sous un soleil de plomb, avec un sac à dos finalement assez lourd et auquel je ne suis pas habitué – je sens que je n’ai plus de force dans les jambes. Mon cardio indique près de 170, alors que je cours à une allure footing !… Je comprends alors que mon énergie part plutôt dans le refroidissement de la “machine” que dans les jambes pour me faire avancer. Je me souviens du pont qui traverse la Seine vers le village de Bennecourt, en plein cagnard, et je me dis alors que même s’il ne reste que 5-6 km, je n’y arriverai peut-être pas… De l’autre côté, dans le village, je me mets à marcher un peu pour récupérer et faire baisser le cardio. Je cherche de l’ombre le long des murs du village désert… et je me trompe de route… Je mange un 2ème Grany (je n’ai qu’un fond de céréales dans le ventre depuis le matin et un 1er Grany à 12h), histoire de me redonner peut-être des forces. Ce qui est assez inhabituel, c’est que même en marchant, je ne parviens pas vraiment à reprendre mon souffle (impression aussi d’être comprimé par mon sac à dos).

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    Rue de Bennecourt (pas sûr)

    Je ressors du village en marchant et j’atterris à nouveau sur un plateau en plein soleil, au milieu des champs, je me mets à recourir… Heureusement, arrive une longue descente en direction du village de Limetz-Villez, à 2 km de Giverny. Mais je sens une petite douleur dans la poitrine. Et comme je ne croise quasiment aucune voiture, je me dis que ce serait dommage de faire un malaise ou même un arrêt cardiaque, là, sur le bord de la route, au milieu des champs de blé… Alors tout doucement je rejoins le village, et je décide d’arrêter. Je n’en peux plus du soleil, il n’y a quasiment pas d’air et j’étouffe littéralement. Je terminerai donc en auto-stop les 2 km restant. 49 km, pour un 1er jour et par un temps de canicule, ça suffira.

    > Suite jour #2…

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    Fin de la première journée. Giverny est au bout de la route…