Première étape de mon périple Paris-Dieppe sur 3 jours (en réalité Saint-Germain-en-Laye -> Dieppe).
Programme du jour : Saint-Germain-en-Laye -> Giverny : 52 km. Mais je n’ai réalisé que 49 km… les 2 derniers km ayant été fait en auto-stop…
Départ 10:00 de Saint-Germain-en-Laye (j’aurais voulu partir plus tôt mais mauvaise nuit).

Evidemment, sur les 1ers km, tout va bien… Bonne allure 5’30”/km dans la forêt de Saint-Germain, une vraie promenade de santé, le sac ne me paraît pas si lourd (entre 3,5 et 4 kg malgré tout, dont 2 kg d’eau). Je descends sur Poissy, traverse le centre-ville, puis tourne à gauche arrivé à la Seine, direction Orgeval. Le soleil commence à bien chauffer, mais c’est tout à fait supportable, d’autant que je suis personnellement encore “frais”. Je traverse Orgeval et… je n’ai fait que 10 km… Je me dis que ça va être long.

10 km ensuite sous un soleil écrasant, au milieu des champs… Je sens que je sors enfin de la banlieue. Je m’arrête au km 21, à Aubergenville, village près de Flins. Près de 2 h que je cours sous le soleil et je n’ai presque plus d’eau, je dois me ravitailler. Je demande à une femme qui attend son bus s’il y a un bar dans le village : « Vous savez que c’est dangereux de courir comme ça sous le soleil ? » me dit-elle sur un ton de reproche. C’est vrai, quelle idée ?… Je trouve un bar avec à l’intérieur 5 ou 6 clients qui ne parlent que… portugais. Je commande un Coca et… il est divin… frais, pétillant, sucré… Un délice absolu. En fait, je commençais à avoir bien chaud. J’avale un Grany, histoire de manger quelque chose quand même.


Je repars… il est plus de 13h et il doit faire 35°C à l’ombre, donc j’imagine au soleil… Route vers Mantes-la-Jolie, le long de l’autoroute que je vois au loin. Je reconnais les deux grosses cheminées de je ne sais quelle usine au bord de la Seine. Malgré la chaleur, je parviens sans mal à conserver une bonne allure, 5’30”/km, sans forcer. En fait, je ne souffre pas, je suis plutôt bien. Je traverse la ville (Mantes-la-Jolie) et, au km 34, en face de la gare, nouvel arrêt pour me ravitailler en eau (tout bu, soit 2 l en 13 km). Le patron, un Arabe, m’accueille avec un grand sourire : « Un verre d’eau, je suppose ! » Oh que oui. Et surtout, nouveau Coca… Je fais le plein en eau fraîche et je repars. Cette fois, la chaleur est vraiment accablante, ma foulée est moins facile, le sac plus lourd. Je trouve malgré tout un peu d’ombre sur la route en sortie de Mantes, dans le Bois de la Butte verte. Je traverse Rosny-s/Seine au km 40, et là j’ai vraiment chaud. Quelques km plus loin, je découvre (à hauteur de Rolleboise, le long de la Seine) une sacrée côte… et pas une goutte d’ombre. J’adapte mon allure et je finis par en venir à bout (1 bon km). Parvenu au sommet, plateau sans ombre au milieu des champs. Je sens que j’ai perdu des forces et que la chaleur m’accable à présent. J’essaie de me refaire une santé sur le plat, puis dans la descente vers le centre de Bonnière-s/Seine. C’est à ce moment que je craque : je suis au km 45, je cours depuis un peu plus de 4 h sous un soleil de plomb, avec un sac à dos finalement assez lourd et auquel je ne suis pas habitué – je sens que je n’ai plus de force dans les jambes. Mon cardio indique près de 170, alors que je cours à une allure footing !… Je comprends alors que mon énergie part plutôt dans le refroidissement de la “machine” que dans les jambes pour me faire avancer. Je me souviens du pont qui traverse la Seine vers le village de Bennecourt, en plein cagnard, et je me dis alors que même s’il ne reste que 5-6 km, je n’y arriverai peut-être pas… De l’autre côté, dans le village, je me mets à marcher un peu pour récupérer et faire baisser le cardio. Je cherche de l’ombre le long des murs du village désert… et je me trompe de route… Je mange un 2ème Grany (je n’ai qu’un fond de céréales dans le ventre depuis le matin et un 1er Grany à 12h), histoire de me redonner peut-être des forces. Ce qui est assez inhabituel, c’est que même en marchant, je ne parviens pas vraiment à reprendre mon souffle (impression aussi d’être comprimé par mon sac à dos).

Je ressors du village en marchant et j’atterris à nouveau sur un plateau en plein soleil, au milieu des champs, je me mets à recourir… Heureusement, arrive une longue descente en direction du village de Limetz-Villez, à 2 km de Giverny. Mais je sens une petite douleur dans la poitrine. Et comme je ne croise quasiment aucune voiture, je me dis que ce serait dommage de faire un malaise ou même un arrêt cardiaque, là, sur le bord de la route, au milieu des champs de blé… Alors tout doucement je rejoins le village, et je décide d’arrêter. Je n’en peux plus du soleil, il n’y a quasiment pas d’air et j’étouffe littéralement. Je terminerai donc en auto-stop les 2 km restant. 49 km, pour un 1er jour et par un temps de canicule, ça suffira.
