Courses

  • Paris-Versailles 2013

    Paris-Versailles, 29 septembre 2013 [1h11’58”] > compte rendu

          

  • 10 km Chauny 2013

    10 km Chauny, 25 août 2013 [41’37”] > compte rendu

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  • 10 km L’Équipe 2013

    10 km L’Équipe, 23 juin 2013 [41’02″] > compte rendu

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  • 20 km Paris-Saint-Germain-en-Laye 2013

    20 km Paris-Saint-Germain-en-Laye, 26 mai 2013 [1h27’24 »] > compte rendu

    PSG 2013 (officiel)
    PSG 2013 (officiel)
  • Marathon de Paris 2013

    Marathon de Paris, 7 avril 2013  [3h14’20”] > compte rendu

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  • Marathon de Paris 2013 (récit)

    Marathon de Paris 2013. Tout commence le 7 avril à 8h45. Enfin, pas tout à fait… Ça a commencé avant, il y a 3 ans, quand j’ai décidé de me remettre à courir après une opération du genou (un an avant). Une sortie par semaine, à fond, entre 15 et 20 km. Donc du n’importe quoi. En fait ça a commencé il y a un an et 1/2, quand j’ai décidé de m’acheter des chaussures dignes de ce nom, qui ne me fassent pas mal à chaque sortie, et quand j’ai décidé de suivre un plan d’entraînement. Et puis ça a commencé il y a un an pile, lorsque j’ai décidé de participer à mon premier marathon, celui de Paris, précisément. 3h34. J’avais tellement peur de ne pas aller au bout que je m’étais freiné pendant 42 km, daignant accelèrer sur les 195 derniers mètres. En fait, ça a commencé en janvier, quand j’ai commencé ma prépa sur 13 semaines, avec en février les Foulées de Vincennes, 10 km et 40’26”, et le semi-marathon de Paris en mars, 21 km et 1h30.

    Non, en fait ça a surtout commencé samedi, veille de la course. Le soir, je me couche tôt. Sagesse, prudence, concentration. Tellement sage, tellement prudent, et tellement concentré que je ne m’endors pas. Impossible. Dans ma tête, je cours. Je passe à Bastille, je traverse le Bois de Vincennes, je repasse à Bastille, je cours sur les quais, je passe devant le Trocadéro, je monte dans le Bois de Boulogne, les spectateurs m’encouragent, plus que 6 km, plus que 4, plus que 2, porte Dauphine, j’accélère, je passe la ligne… yes ! 3h15 ! Je suis un héros. Comme un skieur avant de dévaler la pente, qui visualise sa descente, un virage à droite, un virage à gauche, un saut, revirage à gauche, etc. Je visualise tout, je cours. Et je ne ferme pas les yeux. 1h40, je tombe, m’endors. 2h16, je me réveille. J’ai bien dormi. Je regarde l’heure. Aïe. Il faut que je me rendorme, merde ! 3 h. J’écoute la radio. 4 h, pas sommeil. 5 h, il faudrait que je dorme au moins une heure… 6 h, si je m’endors, je ne me réveillerai pas… 6h45, il faut que je me réveille ! Heureusement, ouf, je n’ai pas dormi… Je vais donc me lancer à l’assaut de ces 42,195 km avec une seule petite demi-heure de sommeil… Mon dieu, j’en frissonne par avance.

    Enfin, je me lève. Super frais. Je m’habille, me prépare, bois, mange ma part décongelée de Gatosport du marathon de La Rochelle d’il y a 6 mois… Je me fais un café, fume une petite cigarette pour me détendre… Je termine de m’habiller, je sors, croise un de mes fils qui vient de se réveiller et qui m’encourage… Adios. Je pars à la guerre.

    Premier contact avec l’air extérieur… pu… tain ! qu’il fait froid ! Métro. Miromesnil, je termine à pied, en courant, pour m’échauffer. Pu… tain ! qu’il fait froid !

    Je rejoins mon sas (3h30) une 1/2 h avant le coup de pistolet. Bizarrement pas grand monde, je me place devant, derrière les 3h15 dont j’espère faire partie à l’arrivée…

    8h40, j’enlève mon sac en plastique… brrrrrrr… quel froid glacial, je tremble, de partout… brrrrrr… 8h50 et quelques, c’est parti, bip la Garmin. Objectif 4’37”/km, 3h15 – un peu plus ou un peu moins, on verra (mais, dans ma tête : oh oui, moins de 3h15, ce serait tellement bien ! Si j’applique exactement mon plan de course et le 4’37”/km, ce sera 3h14’48” e-xac-te-ment).

    Rue de Rivoli, j’essaie de rentrer dans l’allure. Je regarde mon cardio : déjà plus de 155, aïe. Je sais que je dois rester le plus longtemps possible sous les 160, au moins jusqu’au semi, pour pouvoir passer au-dessus ensuite et finir à peu près bien. Mais c’est mal barré, au bout de quelques km, j’y suis à 160. Et je ne redescendrai plus.

    Les sensations sont médiocres : jambes un peu lourdes, pas beaucoup de jus, et puis ces 4’37”/km, mine de rien pour moi, c’est rapide… Et je me dis que je ne tiendrai pas jusqu’au bout comme ça. Voilà, c’est ça le marathon pour moi, c’est passer tout le premier semi à me dire que je ne tiendrai pas l’allure jusqu’au bout, que je surestime mes forces, que je ferais mieux de ralentir, d’assurer, que je suis gourmand et que je vais le payer. Une heure et demie de gamberge, de rumination, d’auto-flagellation… Je déteste ce premier semi. Dans la montée rue de Reuilly, je me supplie d’y aller cool, de ralentir, mais je n’en fais qu’à ma tête… Je garde l’allure, je m’accroche. C’est les montagnes russes, ça redescend vers la porte Dorée : je me refais une santé, fais baisser le cardio tout en récupérant les quelques secondes perdues dans la montée… Et puis ça remonte vers le lac… Je connais par cœur cette portion du parcours, puisque je m’entraîne là tout l’année, que je connais les moindres faux plats, que je sais parfaitement où le cardio s’emballe et où il s’apaise un peu…

    Dans la descente de l’av. de Gravelle, en lisière du bois, ça descend… je connais la route par cœur, je sais qu’on peut se refaire une santé à cet endroit, qu’il faut même en profiter ! que le cardio baisse, que les sensations reviennent, que l’allure gagne 10 s facile… C’est ce que je fais. Mais rien à faire : ma minute de retard est toujours là, plus ou moins. Marre ! qu’est-ce qui se passe ?…

    Au début de l’avenue Daumesnil, c’est le semi, le portail libérateur ! Pour moi, c’est essentiel. Psychologiquement, je me transforme, je me débarrasse de ma gamberge : OK, c’est bon, j’ai fait la moitié, je terminerai ! Je sens bien à ce moment-là si oui ou non j’ai les réserve pour un nouveau semi, et à quelle allure. Je sais si je peux accélérer un peu ou non. Je prends mon temps pour décider. J’attends la Bastille. J’écoute ce que me disent mes jambes. Je laisse gentiment mon cerveau s’imprégner des dernières informations physiologiques… En retour, je laisse mon cerveau gentiment imprégner mes jambes de ma volonté FAROUCHE d’accélérer et de finir dans le temps que je me suis donné. Je passe Bastille, on tourne à gauche vers la Seine. Ça descend un peu. Allez, 2 km que je cogite et que je délibère avec moi-même : j’y vais, j’accélère. Marre de cette minute de retard ! Il faut que je la reprenne. Si c’est pour finir à 3h17 ou 18, c’était vraiment pas la peine !

    Peu à peu, sans brutalité, j’améliore ma foulée, je prends un rythme très légèrement plus rapide. L’idée est justement d’être très progressif, pour ne pas heurter l’organisme, ni ensuite, psychologiquement, m’offrir une compensation quelconque et trouver un prétexte à ralentir. Comme un régime alimentaire : pour que ça marche, il faut y aller en douceur, mais avec détermination.

    Au 25ème km, sur les quais, le mollet gauche m’envoie un signal… aïe ! Il semble dur, aïe ! Je me décontracte, ralentis très légèrement, 50 m, 100 m… ça va mieux, ça semble passer. Mais alerte tout de même.

    Dans le long tunnel sur les quais, je me sens bien. Il fait moins froid, les jambes tournent toutes seules, tout a l’air d’aller, même si je trouve que… ça va vite quand même !

    Au Trocadéro, drôle de sensation, une espèce de faux plat misérable (dénivelé positif d’1m50, à tous les coups) qui paralyse soudain toute la troupe – moi compris. Impression de monter un col, aïe : c’est là qu’on se dit qu’on est bien entamés pour subir autant un vague faux plat.

    A la Maison de la Radio, je passe près de chez Philippe O… C’est moi qui le vois ! Je l’interpelle, m’agite ! Il m’aperçoit, me fait des grands signes, surpris… Je poursuis. Ça m’a fait du bien de le voir ! C’est le seul supporter que j’ai…

    La suite, peu de souvenirs… C’est dur, c’est long… mais c’est bon ! je gère la fatigue. Mais je continue à un bon rythme. Le Bois de Boulogne est étrangement silencieux, les organismes sont à la peine, peu de spectateurs. Au fond de moi, je suis heureux, je sais qu’il ne reste que quelques km et que j’ai assez de réserves pour tenir à un bon rythme. km 36 4’36”, puis 4’29”, 4’32”, enfin au km 40 4’22”, km 41 4’32”, km 42 4’26”, et les 500 derniers mètres 3’51”/km !

    Peu avant l’arrivée, au moment de quitter le rond-point de Dauphine, j’aperçois Claire qui crie dans la foule des spectateurs ! Je me retourne un bref instant, lève les bras, crie ! Mais je continue, je fonce vers la ligne d’arrivée… qui me donne l’impression, d’ailleurs, de ne jamais arriver…

    Bip ! ça y est ! la ligne est franchie, j’arrête la montre… 3h14’20” ! Eh bien voilà, c’est fait, objectif moins de 3h15 rempli ! Six minutes de moins qu’au Marathon de La Rochelle il y a six mois … Je ne suis pas venu pour rien, et surtout, à Paris, sur un parcours que je ne trouve vraiment pas facile, plein de faux plats partout… Heureux ! vraiment heureux !

    Je repense à mon premier marathon ici même il y a un an, et de l’émotion que j’avais eue en franchissant la ligne, le côté surréaliste de la chose, d’avoir couru aussi longtemps, d’être parvenu à boucler ces 42,195 km… et je repense à cette fatigue que j’avais ressentie dans les minutes qui avaient suivi, cet espèce d’écroulement intérieur… Eh bien, cette fois, un an après, au même endroit, les choses ont changé : la fatigue n’est plus aussi forte, les jambes marchent agréablement… C’est le métier qui rentre !

  • Semi-marathon de Paris 2013 (récit)

    Semi-marathon de Paris 2013. Chrono officiel : 1h30’44”. Tout se termine bien, malgré de gros doutes au départ. Chrono de l’an passé : 1h33’10” / chrono visé : 1h31 / chrono plus ou moins espéré : 1h30 / chrono de dingue que je ne crois pas mériter mais-sait-on-jamais-sur-un-malentendu : 1h29…

    Après une bonne nuit de sommeil, petit déjeuner expéditif (café, quasiment rien d’autre). Température très froide, 2°C (mais ciel ensoleillé) : je choisis de mettre 3 couches (sous-maillot sans manches + maillot Odlo manches longues + gilet Gore). J’opte – première fois – pour la légèreté totale : ni iPhone, ni bidons d’eau. Je me satisferai des ravitaillements tous les 5 km. De toute façon, par ce froid, aucun danger de me déshydrater rapidement. Et puis je tiens très bien 1 heure sans boire, donc 1h30…

    Arrivée sur place à 8h50. Je dépose mon sac à dos – plein à craquer (celui des vacances à Valandry-Les Arcs) – à la consigne. Je retrouve Philippe P. : on trottine un peu, il fait froid. Mais le soleil est là, ça compensera. J’ai évidemment très mal au dos – je me dis que ça va être une belle lutte de courir avec ça, surtout sur la fin avec la fatigue. Je crois si peu en moi que j’ai pris ma carte Velib’ en cas de défaillance, histoire de rallier tout de même l’arrivée et de récupérer mon sac – et de ne pas louper mon train…

    9h30, chacun rejoint son sas. Je suis dans le 1h35 – il y a déjà du monde. Je me mets sur le bord, assez loin du départ. Je m’étire doucement, comme toujours. Un dernier pipi très classe à travers le grillage (je n’en peux plus, et je ne suis pas le seul) face aux coureurs et aux supporters qui passent par là…

    10h00, c’est parti, je franchis la ligne… et démarre avec peine ma Garmin. La foule est dense, l’allure très moyenne. Impossible d’adopter d’entrée un rythme soutenu : je prends mon mal en patience, et me dis que c’est un échauffement salutaire pour la suite… [1er km : 4’38”]

    Je vois au bout de 2 km que j’ai 22” à rattraper sur mon objectif d’1h30 (en fait, 1h29’57” pour une allure cible de 4’17”/km – mais j’ai fait une erreur, dont je me suis aperçu plus tard : j’ai oublié les 100 m de la fin, donc à 4’17”/km, ça fait plutôt 1h30’23”…). Je les rattraperai peut-être dans la descente de l’av. de Gravelle.

    Autour de l’hippodrome, je fais le dos rond, je sais que ça monte, qu’il ne faut pas se mettre bêtement dans le rouge dès le début, et qu’à l’entraînement je n’étais pas très bien sur cette portion en essayant de tenir l’allure (ou du moins de ne pas trop perdre sur cette allure) [4’20” et 4’26” s/km 2 & 3]

    En fait, ces premiers km sont étranges : je ne sens pas mes jambes, elles sont comme anesthésiées. Ainsi, sur la descente de Gravelle, je ne parviens pas à réaliser si je vais vite ou non. Je suis dans le vague, je ne suis pas très sûr, dans ma tête, d’avoir réellement commencé à courir… Sensation assez désagréable finalement. Car je vois bien que c’est signe que je ne suis pas dans un grand jour et que je n’ai pas très envie d’être là… Et puis mes 22” de retard n’ont pas bougé, je suis incapable de les reprendre [4’12” & 4’09” s/km 4 & 5].

    Peu à peu, je repère une coureuse dans la foule, pile dans mon allure. On se suit depuis un moment. Elle finit par me distancer porte de Charenton, dans la descente. Je la perds de vue.

    Je me réveille progressivement, mon mal de dos est supportable (même si bien présent) – il faudra que ça dure comme ça jusqu’au bout.

    La montée place Félix Eboué (rue Taine), l’an dernier si facile (je me souviens l’avoir faite au téléphone avec Claire), me paraît cette fois assez dure : le cardio s’emballe, le souffle se réduit. Il faut dire que cette fois mon ambition est de tenir autour de 4’16-17”/km [4’15” s/km 8, avec la côte]. Il fait bon d’arriver en haut et de redescendre l’av. Daumesnil.

    À Bastille, ravito 10 km, je me relance – j’ai des forces, je ne me sens pas si mal, mon dos est supportable. Sur les quais, je me sens vraiment bien, j’accélère. L’envie de courir est bien là. Il m’aura fallu 10 km pour la retrouver bel et bien… [4’09” & 4’12” sur les quais, km 12 & 13]

    À l’Hôtel de Ville, je retrouve ma coureuse, qui était devant moi depuis un bon moment : « 1h30 ? », je lui demande. Elle ne comprend pas, me répond en anglais : elle est anglaise ! On échange quelques mots, et puis on décide instinctivement de courir ensemble. À partir de là, je cours sans penser, sans souffrir, je cours –  vite, avec beaucoup de plaisir. La présence de cette Anglaise à mes côtés produit chez moi un effet euphorisant ! comme s’il ne pouvait plus rien m’arriver – en tout cas aucune défaillance. Puisque nous partageons l’effort… L’un entraîne l’autre, nous prenons des sortes de relais [4’10”, 4’14″ & 4’19” s/km 14, 15 & 16]. Ainsi jusqu’à la côte de Reuilly, où je la vois lentement, mais sûrement, me distancer – mètre après mètre… Je monte tout de même la côte à bonne allure, comme si, dans ma tête, c’était plat… [4’17” s/km 17] et j’arrive à nouveau place Félix Eboué bien cramé… Je respire un grand coup, me relâche, et repars dans la descente – il reste encore 3 km et je n’ai plus beaucoup de jus [4’09” s/km 18].

    Porte Dorée, ça remonte, je suis à la peine, et même très mal… J’arrive dans le dur exactement au même endroit que l’an dernier (le long du lac) et je me dis que la souffrance va être très longue, car il reste 2 km. Je m’accroche – pas le choix – comme je peux : le souffle est court, sonore, mes jambes sont cuites, lourdes. J’ai l’impression d’un énorme effort à chaque pas, car je n’ai qu’une envie : m’arrêter – m’arrêter définitivement. Mon Anglaise est toujours en ligne de mire, 30 ou 40 m devant moi. Je la perds parfois de vue. Dernier virage av. Daumesnil, l’arrivée est encore invisible, je n’en peux plus, je n’avance plus… [4’19” & 4’25” s/km 19 & 20.]

    Je vois enfin l’arrivée, elle est encore loin. À ma montre, je viens de passer 1h30, je serai donc au dessus : le 1h29 sera pour une prochaine fois (rêve un peu fou pour cette année). Déjà 1h30 tient du miracle, compte tenu de ma douleur au dos et de mes entraînements assez médiocres ces dernières semaines.

    Mais attention, les secondes s’égrènent, et l’arrivée n’arrive pas, toujours pas ! Dans ma tête, une seule obsession : arriver avant 1h31, ce serait si bête… Je compte les mètres, les secondes, je sens qu’il faut que j’accélère, sinon… Je sprinte – enfin, c’est mon impression – il faut que je passe à 1h30 ! [4’07” s/km 21] Je jette toutes mes forces dans le dernier 100 mètres… Enfin la ligne ! J’arrête mon chrono 1h30’39”… Ouf ! 1h30 ! Je l’ai ! Le symbole ! le compte rond ! Je l’ai !… Mais je suis dans un sale état : hors de souffle, vidé. Cela faisait 15-20 mn que je luttais pour rester dans le coup, et c’est fini, enfin fini !

    Je rejoins “mon” Anglaise, la félicite… On bavarde tout en marchant vers la sortie, tout en prenant notre médaille, notre poncho, notre morceau de banane et d’orange… On parle de tout et de rien, on se remet de notre effort (elle s’est bien donnée elle aussi). Elle me vante le marathon de Londres, me parle de ses ennuis de santé récents… Elle est très contente de sa course : elle peut ! Je verrai plus tard qu’elle a fait 1h30’14” (soit 30” exactement de moins que moi) et qu’elle est 5ème des V1 Femmes !… Et pourtant elle n’avait pas l’air comme ça… En tout cas, je lui dois mon chrono, car sans elle j’aurais cogité sur les 12-17 km, j’aurais temporisé, écouté ma fatigue, et je n’aurais pas osé aller aussi vite. Elle a été le bon “lièvre”… Moi qui aime courir en solo, je m’aperçois que courir à deux peut aussi être une bonne façon de se dépasser. En tout cas, je note qu’on peut courir avec un p… de mal de dos, ce qui me surprend beaucoup. Et je note aussi que l’écart entre mes sensations à l’entraînement (pas terribles) et la réalité de la course qui suit (plutôt bonne) est tout à fait incompréhensible, d’autant que cet écart ne cesse de croître au fil du temps, au fil des courses. A l’entraînement, je peinais à tenir l’allure 4’17”/km sur 3 ou 4000 m, et puis là, en course, je tiens plus de 20 km… Vraiment étrange. Il faudra peut-être que je m’habitue.

    Pour finir, je fonce à la consigne, il y a la queue. Je patiente. Enfin je récupère mon sac, je me dépêche de prendre le métro, direction gare de Lyon. Finalement j’arrive 10 mn avant le départ du train… Donc avec un chrono d’1h40, je ratais mon train… Mais 1h40, pfff…

  • Semi-marathon de Paris 2013

    Semi-marathon de Paris, 3 mars 2013  [1h30’44”] > compte rendu

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    Semi-marathon de Paris 2013
  • 10 km Foulées de Vincennes 2013

    10 km des Foulées de Vincennes, 3 février 2013  [40’26”] > compte rendu

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  • Marathon de La Rochelle 2012 (récit)

    Récit publié sur CCAP le 26/11/12 :

    Bonjour à tous,

    Peut-être que quelques-uns s’en souviennent, j’avais raconté ici en juin dernier mon premier 10 km.

    Alors je me dis que je pourrais raconter mon second marathon… celui de La Rochelle.

    Pour quoi faire ? Eh bien si j’aime lire des récits de course, il est possible que celui-ci intéresse, n’est-ce pas ?… Histoire de partager ses impressions, ça peut nous aider à y voir « plus clair » et rompre aussi avec la « solitude du coureur de fond »…

    Pour faire rapide : je suis un coureur de 41 ans, qui s’entraîne sérieusement depuis 1 an et 1/2 (première course Paris-Saint-Germain-en-Laye en juin 2011), avec aujourd’hui 4 entraînements/semaine.

    Bref, La Rochelle 2012…

    D’abord, petit récap’ depuis juin dernier. Un été studieux à courir deux fois par semaine des footings tranquilles avec des passages plus rapides, selon l’inspiration (sorte de fartlek ?). Et puis début septembre, début d’un plan sur 12 semaines en vue de La Rochelle. À mi-parcours, les 20 km de Paris, courus cette année en 1h27 (- 2 mn / 2011).

    Bref, La Rochelle 2012…

    Eh bien… ç’a été pour moi une course fantastique, au-delà de mes espérances… Je n’avais qu’une seule référence, mon premier marathon – celui de Paris – couru en avril dernier, avec un temps de 3h34’05 ». C’était mon premier, je voulais le finir, juste le finir, donc je l’avais couru sans trop forcer, en accélérant juste sur le dernier km (ah oui, j’ai eu peur jusqu’au bout du mur, de la défaillance, de la crampe, etc.) Je l’avais couru assez fatigué (j’avais mal digéré les dernières sorties du plan, avec 4 sorties/semaine, j’avais mal dormi les jours précédents, j’avais « stressé », j’étais en petite forme). Moralité : j’étais content de le finir, et j’étais content de mon chrono, somme toute pas si mal pour un premier.

    Bref, La Rochelle 2012…

    Cette fois, j’étais en meilleure forme. Après la grosse sortie longue de 2h25 il y a trois semaines, j’avais eu la sagesse de supprimer deux sorties et de repartir d’un meilleur pied la semaine suivante. Puis la dernière semaine, juste un petit footing le mardi et hop… ensuite, plus rien. Juste des pâtes, des patates, du pain, et de l’eau… et aussi du Malto les 3 jours précédents la course ! Un peu lassant ce Malto. Si bien que le dernier jour (samedi), je n’ai pas pu finir… écœuré, la nausée, mal au ventre. Beurk, le glycogène, ça va 5 minutes !

    Bref, La Rochelle 2012…

    Arrivée le samedi soir en train, retrait du dossard dès la sortie de la gare, puis direction l’hôtel (un petit truc pas cher, à 5 mn du départ, impeccable). Le soir, je cherche un resto près du marché (j’avais le souvenir d’une très bonne petite gargote, mais je ne la retrouve pas), donc je sors le iPhone : « pizzeria La Rochelle », et hop je tombe sur « Rigoletto, rue du Chef de Ville ». J’avais envie d’une pizza ! surtout pas de pâtes ! Résultat, très bonne pizza, ambiance très agréable, service ultra-rapide… Manquait juste le feu de bois… mais bon, ne faisons pas le difficile (en tout cas, je recommande l’endroit – ils avaient d’ailleurs une menu « marathonien » à base de pâtes… si certains ne peuvent s’en passer la veille).

    Bref, La Rochelle 2012…

    Retour hôtel, grosse migraine, grosse fatigue, envie de me coucher tôt (mes nuits d’avant n’ont pas été terribles). Je prépare mes petites affaires pour le lendemain, méticuleusement, comme un grand maniaque (que nous sommes tous, j’en suis sûr). Je consulte la météo, j’évalue, soupèse, me décide : ce sera un petit sous-maillot sans manches sous un maillot Gore manches courtes. Il ne devrait pas pleuvoir, et en tout cas faire assez doux (±12°C). 22h45, j’éteins (après une grosse déprime devant le spécial Céline Dion présenté par Drucker…). Je m’endors en courant dans ma tête, normal… Premier réveil 2h, j’ouvre un œil, je me rendors. Deuxième réveil 3h, j’ouvre deux yeux, me rendors difficilement. Troisième réveil à 4h, je suis bel et bien réveillé, petit pipi, c’est fini, ma nuit est terminée… J’écoute la radio en podcast dans le noir. J’attends. 6h30, je me lève, pour m’occuper et je commence à me préparer. Tranquillement, méthodiquement, comme si j’allais sur la lune…

    Bref, La Rochelle 2012…

    Petite clope à la fenêtre en regardant le jour se lever (oui, une petite clope avant la course pour aller aux toilettes, chez moi c’est radical et systématiquement efficace… chacun sa méthode). 8h, je décolle. Le jour apparaît (que les nuits sont longues), je trottine jusqu’au départ. Les coureurs, souvent en groupe, en famille, convergent. Moi, pauvre Calimero, je suis tout seul… Mon « partner » Philippe avec qui je devais partager ce week-end n’a pas pu venir à cause de son job, snif – et gros snif pour lui, je le sais bien. Il est au Maroc, sur un tournage, il bosse dur, on a échangé quelques textos. Il m’encourage.

    Bref, La Rochelle 2012.

    8h55, je vire mon superbe sac poubelle bleu ciel (qui ne m’a servi à rien, vu qu’il fait une température très agréable). Je me prends en photo avec mon iPhone, avec le port en arrière-plan. J’ai une sale tête – l’air pas réveillé – bref, concentrons-nous sur la course…

    9h, c’est parti. Cette conne de Garmin (il n’y a pas d’autre mot) ne m’affiche pas le cardio, la pile doit être morte… Un peu capricieuse, cette montre (pas la championne du monde de la fiabilité, je m’en suis souvent aperçu), mais bon… on fera sans, tant pis.

    Premiers hectomètres au milieu de la foule, ça n’avance pas, ça bouchonne, bref, ça tient plutôt du footing de décrassage que de la compèt’. Je vise comme allure 4’51″/km pour un chrono de 3h24 (ah oui, c’est précis, ça rigole pas). Moralité, au bout de 2 km, je suis à 5’/km. Pas un drame, mais ça m’énerve. Il faut que j’accélère un peu pour rattraper ce foutu km de m… Je n’aime pas beaucoup ça. Peu à peu, le rythme s’installe. Je tiens gentiment les 4’50 », je suis même un peu en-dessous. Je me fais doubler par tout le monde. Je me dis qu’il vaut mieux être prudent, qu’un marathon, c’est long… et qu’il sera toujours temps de changer d’allure dans la deuxième partie. Pour l’instant, on s’échauffe, on ne prend aucun risque, on se tient à son objectif.

    On sort de la ville, on longe la mer, le temps est couvert. Les « faubourgs » de La Rochelle sont un peu moches… On m’avait dit : La Rochelle, c’est plat, c’est roulant… Mouais, quelques bons faux plats sont là pour démentir la chose. J’aurais aimé du vrai, vrai plat. Du coup, sur ces petites « côtes », je laisse l’allure remonter – toujours ma crainte de forcer. Et puis, tous ces panneaux « km 26 », « km 30″… Oh la déprime, dire qu’on va repasser là dans 1h30 ou 2… Ah oui, ça va être long.

    Au bout de 10 km, je me dis que je me sens bien. Je me souviens qu’à Paris, à cet endroit du parcours, j’avais déjà très mal aux jambes (mais je n’étais pas… en jambes). Mais je gamberge, je n’arrête pas de me dire : ça va être long, ça va être long… Tiens, la Garmin donne finalement ma fréquence cardiaque… N’importe quoi, cette montre. Je vois en tout cas que je ronronne autour de 155-157, ce qui est nettement mieux qu’il y a 6 mois, où j’étais déjà autour de 162 dès le premier semi.

    Et puis, c’est quoi, ce meneur d’allure 3h30 devant moi depuis le départ ??? Je vise 3h25 et je ne le rattrape pas depuis 15 km ??? Vu que je respecte mon plan de course, c’est lui qui se plante ! Il n’est pas du tout autour de 4’55 »-5’/km, mais alors pas du tout, vu que je suis en dessous des 4’50″/km depuis le début. Ceux qui le suivent pour faire 3h30 vont être contents de se mettre dans le rouge à cause de ce gugusse…

    Du coup, au 16ème km, alors qu’il est à 50 m devant moi et que l’écart ne se ressert pas, je m’énerve… J’accélère, j’en ai marre de le voir ! Du coup, ça me coûte un peu, je descends autour de 4’40″/km, et ça dure un moment, il y a tout un troupeau derrière lui, peu de place pour passer… Bref, après 1 ou 2 mn de lutte, je le passe. Et là, tout d’un coup, plus personne sur la route. Le silence. Ouf. Ça fait du bien. Je ne me retournerai jamais pour voir où est ce fichu meneur. Débarrassé.

    On revient dans le centre-ville, sur le port. Du monde. Beaucoup de monde. J’ai ‘impression de passer un col de montage en vélo… Jamais connu une telle sensation. On nous acclame, on est des héros ! Pfff, on n’est pas encore des héros, on vient juste de faire la moitié à une petite allure… on en reparlera plus tard. A nouveau, un peu d’embouteillage, ça m’énerve, ça ralentit un peu. Et puis là, coup de fil (bah oui, je cours avec mon téléphone au bras pour avoir Mme Runkeeper dans les oreilles et qu’elle me dise mon allure tous les km – et puis ma femme va m’appeler, j’aime bien pouvoir être joint en course… – je sais, c’est débile). Bref, je décroche (juste besoin d’appuyer sur le petit bouton du fil de l’oreillette, je vous rassure). C’est le père d’un copain de mon fils à Paris… « Je suis sur le marathon de La Rochelle, j’arrive à la moitié, il m’en reste 21 ! — Ah d’accord, je te laisse ! » À mon ton de voix, je sens que ça va, que je suis bien, pas essoufflé, tranquille. Ça me rassure, en un sens. Le cardio est toujours bon, c’est-à-dire juste sous les 160.

    Mais à partir de là, il va se passer un truc ! Dans ma tête, ça bascule. Parce qu’en passant la flamme des 21 km, je regarde mon temps à ma montre et je vois 1h43 et quelques… Or, je regarde mon petit bracelet où j’ai écrit mes temps de passage pour 3h24 et je vois que j’ai… près d’une minute de retard ! Ouh que ça m’énerve. J’avais respecté mon plan, résultat, j’ai une minute de retard ! Et pourquoi donc ? Eh bien parce que tout bêtement, je n’avais pas fait gaffe que si on suit Runkeeper ou la Garmin, on fait plus de kilomètres ! Eh oui. En restant à 4’50 ou 51″/km, eh bien ça ne suffit pas pour le kilométrage officiel. Et voilà, tout simplement (quand j’y pense, j’aurais pu comprendre ça avant).

    Du coup, je me dis : bon, là, t’as couru tranquille, t’as fait ton petit peinard, sauf que tu es à la bourre. Et maintenant, il faut la rattraper cette p… de minute ! Donc je décide que je vais la reprendre sans forcer sur quelques kilomètres, en augmentant l’allure d’environ 10 secondes par km. Et au bout de 6 km, je l’aurai reprise ma minute. Et puis après, je continuerai à courir un peu plus vite que sur le premier semi pour ne pas reprendre une minute ! C’est tout simple, c’est mathématique, il n’y a plus qu’à courir.

    Et là, c’est l’emballement. Je descends donc autour de 4’40-45″/km. Et je me sens bien. C’est mon allure. C’est cette allure-là que, systématiquement à l’entraînement, je rejoignais, malgré moi. Je n’arrivais jamais à tenir les 4’50″/km. J’étais toujours au-dessus, et surtout en-dessous. Et bien j’y suis. J’y suis, j’y reste. Les jambes sont dures, commencent à fatiguer. Mais la foulée est bonne. Le plaisir est là. Je cavale. Je double du monde.

    Inévitablement, la seule question qu’on se pose dans ces cas-là, c’est : est-ce que je ne suis pas en train de faire la plus grosse « connerie » de ce marathon ? Est-ce que je vais tenir ? Est-ce que dans 5 km je ne vais pas ralentir brutalement pour cause de plus de jus du tout ? Est-ce que je ne suis pas un rigolo – comme tous ceux qui m’ont doublé sur le premier semi ?

    Et là, il faut bien le dire, il n’y a qu’une seule vérité : les sensations. C’est quoi, cette histoire de « sensations ». C’est quoi, ces mystérieuses « sensations », propres à chacun, impossibles à définir, à décrire, à communiquer, à expliquer ? Eh bien, c’est ce truc vague, intime, profond, ce petit signe envoyé par toutes les parties du corps pour nous dire où on en est. La tête s’en mêle, comme n’importe quelle autre partie du corps, et si elle a la gnaque elle aussi, elle dit : OK, feu vert, vas-y, tu peux, ça va passer, t’as de quoi tenir jusqu’au bout.

    Et ça, au 25ème km, c’est déjà du sûr : je vais tenir, je le sens.

    Au 30ème km, petit coup de fil de ma femme (oui, je vous avais dit qu’elle m’appellerait) : « Ecoute, si tout se passe bien, c’est dans la poche, je me sens bien ! » Je dis ça avec conviction, sûr de mon coup. Elle me dit (ma femme, je suis toujours au bout du fil) : fais attention, hein, n’en fais pas trop. (Qu’est-ce qu’elle peut dire d’autre ?)

    Mais oui, je fais attention, je sens bien qu’au 30ème km, j’ai la pêche pour finir fort les 12 derniers km. Et puis si je me plante, je ralentirai et puis ça ira quand même. Pas de panique.

    Donc j’accélère encore. Le 30ème km, je le fais en 4’36″/km, le 31ème à 4’40″/km. Le 35ème, 4’34″/km. Il paraît qu’il y a un mur entre le 30ème et le 35ème km… pouah ! rien à foutre, j’ai les jambes, il est pas pour moi, ce mur ! Je cavale, les jambes tournent toutes seules. Et le pire ? Le pire, dans tout ça ? C’est le plaisir… cet extraordinaire plaisir à courir – se sentir aller vite… Oh, bien sûr, je connais mon niveau, je suis un rigolo, je ne suis pas sous les 3 h… mais, à mon niveau, voilà, je vais vite, je sens que je vais vite, et c’est tout ce qui compte…

    Avec cette fabuleuse sensation de doubler tout le monde, de laisser à l’arrêt tous ceux que je croise (sûrement les mêmes qui m’ont dépassé au km 4…). Et j’en vois des âmes en perdition, il n’y a même que ça. Arrivé au 37ème km, je commence quand même à en avoir marre de cavaler comme ça… L’arrivée est encore loin, je sais qu’il n’y a plus que 5 km, qu’en théorie, ce n’est rien. Mais ça va être long, long, long. Bien sûr, je pourrais ralentir, me mettre au chaud dans les 4’50″/km, parce que de toute façon j’ai repris tout le temps que je devais reprendre, je les ai mes 3h24, je les ai… Mais non. Je ne me suis pas mis dans cet état depuis le 21ème km pour me reposer à la fin… je continue !

    39ème km, 4’28″/km. 40ème km, 4’30″/km. Je vole ! Les jambes font mal quand même, je ne comprends même pas comment, avec autant de fatigue dans les jambes, je peux courir encore à cette allure. Ça doit être dans ma tête, je veux tout donner, je veux un chrono qui ait de la gueule ! Et puis zut, je suis si près du but, il suffit juste de garder l’allure, laisser les jambes filer, comme elles font depuis 20 km, comme en vélo quand on est lancé et qu’il n’y a qu’à tourner tranquillement les pédales pour garder sa vitesse…

    On arrive dans l’espèce de port très moche au sud de la ville (qu’est-ce que c’est moche, ce coin), les coureurs que je croise sont à la ramasse, mais du coup, c’est cruel, c’est con, mais qu’est-ce que ça motive de passer à côté à fond !

    Enfin, la flamme du dernier kilomètre ! C’est simple, c’est écrit dessus : « Dernier kilomètre »… On ne peut être plus clair… Mais, là, tout de même, je ne suis plus en grande, grande forme, et ce dernier kilomètre va être long, long, long…

    Résultat, je suis à 4’24″/km autour du 41-42ème km… J’en ai tellement marre que j’ai encore accéléré (sans m’en rendre compte). Et les 700 derniers mètres : 4’11″/km… Ouh la… Je suis au milieu de la foule, je me faufile entre les spectateurs et les autres coureurs pour passer, j’essaie de courir comme si je venais de démarrer, en m’appliquant sur la foulée, sans m’effondrer à chaque pas, je garde la tête haute, je balance les bras, j’ai encore un peu de jus pour finir.

    Et puis le tapis bleu (après quelques dizaines de mètres sur des pavés très, très casse-gueule quand on n’a plus de jambes – un truc à y laisser une cheville), 30 mètres, 20 mètres, 10 mètres… Bip la Garmin, bip Runkeeper. Et là, mes cuisses me disent : t’as bien fait d’arrêter, on n’aurait pas continué longtemps comme ça…

    Je suis en vrac, tout le monde a l’air de zombies autour de moi… certains sont assis par terre, ou sur des chaises, le regard perdu. Je n’arrive pas à lever la jambe de 20 cm pour qu’on me retire ma puce sur la chaussure, tellement j’ai mal… J’avance, on me donne des huîtres !!! Il y a une minute, j’étais au championnat du monde à côté de Zatopek et là, un gars joufflu, aux joues bien rouges, le sourire magnifique, me donne une bourriche d’huîtres… Je ne comprends pas bien, peut-être que les huîtres sont bonnes pour la récupération ? Ah non, c’est pas pour manger tout de suite ? C’est pour emporter ?

    Mon regard croise un autre coureur, on se parle, on se tutoie, on a l’air tout aussi à la ramasse… on discute, on est contents. On reste 10 mn à papoter comme ça, on boit, on est bien, on se remet, on se congratule. C’est nous les Zatopek.

    Je repars à mon hôtel, seul comme Calimero, avec mon super chrono dont je suis si fier, je dois bien l’avouer. Ah oui, mais au fait, il est de combien, ce chrono ?… Ah bah désolé, je n’ai pas fait 2h40, malgré mes grandes envolées lyriques…

    Mon temps est de 3h21’37 ». Voilà. Il y a 6 mois, je faisais 3h34’05 », et là, boom. Ce n’était pas prévu, pas du tout prévu, c’est venu comme ça.

    S’il y a 6 mois j’avais fini au sprint avec pas mal de réserves, j’avoue que cette fois, je suis allé vraiment au bout, je n’aurais jamais pu faire mieux, pas cette fois. J’ai touché ma limite. Ce temps, c’est ce que je vaux, un point c’est tout. Rien à triturer pour dire que j’aurais pu faire moins de 3h20 ou je ne sais quoi de ce genre. Non, non, c’est bien ça. Et peut-être même que j’étais dans un bon jour et que je n’arriverai pas à la refaire la prochaine fois, il faut que je me le dise.

    Bilan : le premier semi s’est fait en 1h43’44 » (4’56″/km), et le second en 1h37’53 » (4’37″/km). Ce sont vraiment deux courses très différentes, c’est très marrant. Cela dit, à la réflexion, ma stratégie de course n’a sans doute pas été optimale, l’écart étant trop grand. J’aurais dû partir un peu plus vite et être plus constant. Mais est-ce que je pouvais savoir, moi, ce que j’avais exactement dans les jambes ? Si je l’avais su… Je ne veux pas partir trop vite, je ne veux pas finir un marathon en souffrant. Je préfère donc « assurer », et c’est ce que j’ai fait. Mon prochain objectif sera peut-être de refaire à peu près le même temps, mais en courant à une vitesse plus constante sur tout le parcours. Maintenant que je me connais un peu mieux…

    Merci à tous les lecteurs,

    Bravo à tous ceux qui étaient là sur ce parcours, ce dimanche à La Rochelle.

    Bonne récupération à tous ceux qui s’étaient lancés à l’assaut d’une course ce week-end !

    Pour ma part, 10-15 jours totalement off avant de reprendre des petits footings tranquilles en décembre, et puis objectif Semi et Marathon de Paris au printemps.

    À bientôt pour de nouvelles aventures !