Paris

  • Marathon de Paris 2013 (récit)

    Marathon de Paris 2013. Tout commence le 7 avril à 8h45. Enfin, pas tout à fait… Ça a commencé avant, il y a 3 ans, quand j’ai décidé de me remettre à courir après une opération du genou (un an avant). Une sortie par semaine, à fond, entre 15 et 20 km. Donc du n’importe quoi. En fait ça a commencé il y a un an et 1/2, quand j’ai décidé de m’acheter des chaussures dignes de ce nom, qui ne me fassent pas mal à chaque sortie, et quand j’ai décidé de suivre un plan d’entraînement. Et puis ça a commencé il y a un an pile, lorsque j’ai décidé de participer à mon premier marathon, celui de Paris, précisément. 3h34. J’avais tellement peur de ne pas aller au bout que je m’étais freiné pendant 42 km, daignant accelèrer sur les 195 derniers mètres. En fait, ça a commencé en janvier, quand j’ai commencé ma prépa sur 13 semaines, avec en février les Foulées de Vincennes, 10 km et 40’26”, et le semi-marathon de Paris en mars, 21 km et 1h30.

    Non, en fait ça a surtout commencé samedi, veille de la course. Le soir, je me couche tôt. Sagesse, prudence, concentration. Tellement sage, tellement prudent, et tellement concentré que je ne m’endors pas. Impossible. Dans ma tête, je cours. Je passe à Bastille, je traverse le Bois de Vincennes, je repasse à Bastille, je cours sur les quais, je passe devant le Trocadéro, je monte dans le Bois de Boulogne, les spectateurs m’encouragent, plus que 6 km, plus que 4, plus que 2, porte Dauphine, j’accélère, je passe la ligne… yes ! 3h15 ! Je suis un héros. Comme un skieur avant de dévaler la pente, qui visualise sa descente, un virage à droite, un virage à gauche, un saut, revirage à gauche, etc. Je visualise tout, je cours. Et je ne ferme pas les yeux. 1h40, je tombe, m’endors. 2h16, je me réveille. J’ai bien dormi. Je regarde l’heure. Aïe. Il faut que je me rendorme, merde ! 3 h. J’écoute la radio. 4 h, pas sommeil. 5 h, il faudrait que je dorme au moins une heure… 6 h, si je m’endors, je ne me réveillerai pas… 6h45, il faut que je me réveille ! Heureusement, ouf, je n’ai pas dormi… Je vais donc me lancer à l’assaut de ces 42,195 km avec une seule petite demi-heure de sommeil… Mon dieu, j’en frissonne par avance.

    Enfin, je me lève. Super frais. Je m’habille, me prépare, bois, mange ma part décongelée de Gatosport du marathon de La Rochelle d’il y a 6 mois… Je me fais un café, fume une petite cigarette pour me détendre… Je termine de m’habiller, je sors, croise un de mes fils qui vient de se réveiller et qui m’encourage… Adios. Je pars à la guerre.

    Premier contact avec l’air extérieur… pu… tain ! qu’il fait froid ! Métro. Miromesnil, je termine à pied, en courant, pour m’échauffer. Pu… tain ! qu’il fait froid !

    Je rejoins mon sas (3h30) une 1/2 h avant le coup de pistolet. Bizarrement pas grand monde, je me place devant, derrière les 3h15 dont j’espère faire partie à l’arrivée…

    8h40, j’enlève mon sac en plastique… brrrrrrr… quel froid glacial, je tremble, de partout… brrrrrr… 8h50 et quelques, c’est parti, bip la Garmin. Objectif 4’37”/km, 3h15 – un peu plus ou un peu moins, on verra (mais, dans ma tête : oh oui, moins de 3h15, ce serait tellement bien ! Si j’applique exactement mon plan de course et le 4’37”/km, ce sera 3h14’48” e-xac-te-ment).

    Rue de Rivoli, j’essaie de rentrer dans l’allure. Je regarde mon cardio : déjà plus de 155, aïe. Je sais que je dois rester le plus longtemps possible sous les 160, au moins jusqu’au semi, pour pouvoir passer au-dessus ensuite et finir à peu près bien. Mais c’est mal barré, au bout de quelques km, j’y suis à 160. Et je ne redescendrai plus.

    Les sensations sont médiocres : jambes un peu lourdes, pas beaucoup de jus, et puis ces 4’37”/km, mine de rien pour moi, c’est rapide… Et je me dis que je ne tiendrai pas jusqu’au bout comme ça. Voilà, c’est ça le marathon pour moi, c’est passer tout le premier semi à me dire que je ne tiendrai pas l’allure jusqu’au bout, que je surestime mes forces, que je ferais mieux de ralentir, d’assurer, que je suis gourmand et que je vais le payer. Une heure et demie de gamberge, de rumination, d’auto-flagellation… Je déteste ce premier semi. Dans la montée rue de Reuilly, je me supplie d’y aller cool, de ralentir, mais je n’en fais qu’à ma tête… Je garde l’allure, je m’accroche. C’est les montagnes russes, ça redescend vers la porte Dorée : je me refais une santé, fais baisser le cardio tout en récupérant les quelques secondes perdues dans la montée… Et puis ça remonte vers le lac… Je connais par cœur cette portion du parcours, puisque je m’entraîne là tout l’année, que je connais les moindres faux plats, que je sais parfaitement où le cardio s’emballe et où il s’apaise un peu…

    Dans la descente de l’av. de Gravelle, en lisière du bois, ça descend… je connais la route par cœur, je sais qu’on peut se refaire une santé à cet endroit, qu’il faut même en profiter ! que le cardio baisse, que les sensations reviennent, que l’allure gagne 10 s facile… C’est ce que je fais. Mais rien à faire : ma minute de retard est toujours là, plus ou moins. Marre ! qu’est-ce qui se passe ?…

    Au début de l’avenue Daumesnil, c’est le semi, le portail libérateur ! Pour moi, c’est essentiel. Psychologiquement, je me transforme, je me débarrasse de ma gamberge : OK, c’est bon, j’ai fait la moitié, je terminerai ! Je sens bien à ce moment-là si oui ou non j’ai les réserve pour un nouveau semi, et à quelle allure. Je sais si je peux accélérer un peu ou non. Je prends mon temps pour décider. J’attends la Bastille. J’écoute ce que me disent mes jambes. Je laisse gentiment mon cerveau s’imprégner des dernières informations physiologiques… En retour, je laisse mon cerveau gentiment imprégner mes jambes de ma volonté FAROUCHE d’accélérer et de finir dans le temps que je me suis donné. Je passe Bastille, on tourne à gauche vers la Seine. Ça descend un peu. Allez, 2 km que je cogite et que je délibère avec moi-même : j’y vais, j’accélère. Marre de cette minute de retard ! Il faut que je la reprenne. Si c’est pour finir à 3h17 ou 18, c’était vraiment pas la peine !

    Peu à peu, sans brutalité, j’améliore ma foulée, je prends un rythme très légèrement plus rapide. L’idée est justement d’être très progressif, pour ne pas heurter l’organisme, ni ensuite, psychologiquement, m’offrir une compensation quelconque et trouver un prétexte à ralentir. Comme un régime alimentaire : pour que ça marche, il faut y aller en douceur, mais avec détermination.

    Au 25ème km, sur les quais, le mollet gauche m’envoie un signal… aïe ! Il semble dur, aïe ! Je me décontracte, ralentis très légèrement, 50 m, 100 m… ça va mieux, ça semble passer. Mais alerte tout de même.

    Dans le long tunnel sur les quais, je me sens bien. Il fait moins froid, les jambes tournent toutes seules, tout a l’air d’aller, même si je trouve que… ça va vite quand même !

    Au Trocadéro, drôle de sensation, une espèce de faux plat misérable (dénivelé positif d’1m50, à tous les coups) qui paralyse soudain toute la troupe – moi compris. Impression de monter un col, aïe : c’est là qu’on se dit qu’on est bien entamés pour subir autant un vague faux plat.

    A la Maison de la Radio, je passe près de chez Philippe O… C’est moi qui le vois ! Je l’interpelle, m’agite ! Il m’aperçoit, me fait des grands signes, surpris… Je poursuis. Ça m’a fait du bien de le voir ! C’est le seul supporter que j’ai…

    La suite, peu de souvenirs… C’est dur, c’est long… mais c’est bon ! je gère la fatigue. Mais je continue à un bon rythme. Le Bois de Boulogne est étrangement silencieux, les organismes sont à la peine, peu de spectateurs. Au fond de moi, je suis heureux, je sais qu’il ne reste que quelques km et que j’ai assez de réserves pour tenir à un bon rythme. km 36 4’36”, puis 4’29”, 4’32”, enfin au km 40 4’22”, km 41 4’32”, km 42 4’26”, et les 500 derniers mètres 3’51”/km !

    Peu avant l’arrivée, au moment de quitter le rond-point de Dauphine, j’aperçois Claire qui crie dans la foule des spectateurs ! Je me retourne un bref instant, lève les bras, crie ! Mais je continue, je fonce vers la ligne d’arrivée… qui me donne l’impression, d’ailleurs, de ne jamais arriver…

    Bip ! ça y est ! la ligne est franchie, j’arrête la montre… 3h14’20” ! Eh bien voilà, c’est fait, objectif moins de 3h15 rempli ! Six minutes de moins qu’au Marathon de La Rochelle il y a six mois … Je ne suis pas venu pour rien, et surtout, à Paris, sur un parcours que je ne trouve vraiment pas facile, plein de faux plats partout… Heureux ! vraiment heureux !

    Je repense à mon premier marathon ici même il y a un an, et de l’émotion que j’avais eue en franchissant la ligne, le côté surréaliste de la chose, d’avoir couru aussi longtemps, d’être parvenu à boucler ces 42,195 km… et je repense à cette fatigue que j’avais ressentie dans les minutes qui avaient suivi, cet espèce d’écroulement intérieur… Eh bien, cette fois, un an après, au même endroit, les choses ont changé : la fatigue n’est plus aussi forte, les jambes marchent agréablement… C’est le métier qui rentre !

  • Semi-marathon de Paris 2013 (récit)

    Semi-marathon de Paris 2013. Chrono officiel : 1h30’44”. Tout se termine bien, malgré de gros doutes au départ. Chrono de l’an passé : 1h33’10” / chrono visé : 1h31 / chrono plus ou moins espéré : 1h30 / chrono de dingue que je ne crois pas mériter mais-sait-on-jamais-sur-un-malentendu : 1h29…

    Après une bonne nuit de sommeil, petit déjeuner expéditif (café, quasiment rien d’autre). Température très froide, 2°C (mais ciel ensoleillé) : je choisis de mettre 3 couches (sous-maillot sans manches + maillot Odlo manches longues + gilet Gore). J’opte – première fois – pour la légèreté totale : ni iPhone, ni bidons d’eau. Je me satisferai des ravitaillements tous les 5 km. De toute façon, par ce froid, aucun danger de me déshydrater rapidement. Et puis je tiens très bien 1 heure sans boire, donc 1h30…

    Arrivée sur place à 8h50. Je dépose mon sac à dos – plein à craquer (celui des vacances à Valandry-Les Arcs) – à la consigne. Je retrouve Philippe P. : on trottine un peu, il fait froid. Mais le soleil est là, ça compensera. J’ai évidemment très mal au dos – je me dis que ça va être une belle lutte de courir avec ça, surtout sur la fin avec la fatigue. Je crois si peu en moi que j’ai pris ma carte Velib’ en cas de défaillance, histoire de rallier tout de même l’arrivée et de récupérer mon sac – et de ne pas louper mon train…

    9h30, chacun rejoint son sas. Je suis dans le 1h35 – il y a déjà du monde. Je me mets sur le bord, assez loin du départ. Je m’étire doucement, comme toujours. Un dernier pipi très classe à travers le grillage (je n’en peux plus, et je ne suis pas le seul) face aux coureurs et aux supporters qui passent par là…

    10h00, c’est parti, je franchis la ligne… et démarre avec peine ma Garmin. La foule est dense, l’allure très moyenne. Impossible d’adopter d’entrée un rythme soutenu : je prends mon mal en patience, et me dis que c’est un échauffement salutaire pour la suite… [1er km : 4’38”]

    Je vois au bout de 2 km que j’ai 22” à rattraper sur mon objectif d’1h30 (en fait, 1h29’57” pour une allure cible de 4’17”/km – mais j’ai fait une erreur, dont je me suis aperçu plus tard : j’ai oublié les 100 m de la fin, donc à 4’17”/km, ça fait plutôt 1h30’23”…). Je les rattraperai peut-être dans la descente de l’av. de Gravelle.

    Autour de l’hippodrome, je fais le dos rond, je sais que ça monte, qu’il ne faut pas se mettre bêtement dans le rouge dès le début, et qu’à l’entraînement je n’étais pas très bien sur cette portion en essayant de tenir l’allure (ou du moins de ne pas trop perdre sur cette allure) [4’20” et 4’26” s/km 2 & 3]

    En fait, ces premiers km sont étranges : je ne sens pas mes jambes, elles sont comme anesthésiées. Ainsi, sur la descente de Gravelle, je ne parviens pas à réaliser si je vais vite ou non. Je suis dans le vague, je ne suis pas très sûr, dans ma tête, d’avoir réellement commencé à courir… Sensation assez désagréable finalement. Car je vois bien que c’est signe que je ne suis pas dans un grand jour et que je n’ai pas très envie d’être là… Et puis mes 22” de retard n’ont pas bougé, je suis incapable de les reprendre [4’12” & 4’09” s/km 4 & 5].

    Peu à peu, je repère une coureuse dans la foule, pile dans mon allure. On se suit depuis un moment. Elle finit par me distancer porte de Charenton, dans la descente. Je la perds de vue.

    Je me réveille progressivement, mon mal de dos est supportable (même si bien présent) – il faudra que ça dure comme ça jusqu’au bout.

    La montée place Félix Eboué (rue Taine), l’an dernier si facile (je me souviens l’avoir faite au téléphone avec Claire), me paraît cette fois assez dure : le cardio s’emballe, le souffle se réduit. Il faut dire que cette fois mon ambition est de tenir autour de 4’16-17”/km [4’15” s/km 8, avec la côte]. Il fait bon d’arriver en haut et de redescendre l’av. Daumesnil.

    À Bastille, ravito 10 km, je me relance – j’ai des forces, je ne me sens pas si mal, mon dos est supportable. Sur les quais, je me sens vraiment bien, j’accélère. L’envie de courir est bien là. Il m’aura fallu 10 km pour la retrouver bel et bien… [4’09” & 4’12” sur les quais, km 12 & 13]

    À l’Hôtel de Ville, je retrouve ma coureuse, qui était devant moi depuis un bon moment : « 1h30 ? », je lui demande. Elle ne comprend pas, me répond en anglais : elle est anglaise ! On échange quelques mots, et puis on décide instinctivement de courir ensemble. À partir de là, je cours sans penser, sans souffrir, je cours –  vite, avec beaucoup de plaisir. La présence de cette Anglaise à mes côtés produit chez moi un effet euphorisant ! comme s’il ne pouvait plus rien m’arriver – en tout cas aucune défaillance. Puisque nous partageons l’effort… L’un entraîne l’autre, nous prenons des sortes de relais [4’10”, 4’14″ & 4’19” s/km 14, 15 & 16]. Ainsi jusqu’à la côte de Reuilly, où je la vois lentement, mais sûrement, me distancer – mètre après mètre… Je monte tout de même la côte à bonne allure, comme si, dans ma tête, c’était plat… [4’17” s/km 17] et j’arrive à nouveau place Félix Eboué bien cramé… Je respire un grand coup, me relâche, et repars dans la descente – il reste encore 3 km et je n’ai plus beaucoup de jus [4’09” s/km 18].

    Porte Dorée, ça remonte, je suis à la peine, et même très mal… J’arrive dans le dur exactement au même endroit que l’an dernier (le long du lac) et je me dis que la souffrance va être très longue, car il reste 2 km. Je m’accroche – pas le choix – comme je peux : le souffle est court, sonore, mes jambes sont cuites, lourdes. J’ai l’impression d’un énorme effort à chaque pas, car je n’ai qu’une envie : m’arrêter – m’arrêter définitivement. Mon Anglaise est toujours en ligne de mire, 30 ou 40 m devant moi. Je la perds parfois de vue. Dernier virage av. Daumesnil, l’arrivée est encore invisible, je n’en peux plus, je n’avance plus… [4’19” & 4’25” s/km 19 & 20.]

    Je vois enfin l’arrivée, elle est encore loin. À ma montre, je viens de passer 1h30, je serai donc au dessus : le 1h29 sera pour une prochaine fois (rêve un peu fou pour cette année). Déjà 1h30 tient du miracle, compte tenu de ma douleur au dos et de mes entraînements assez médiocres ces dernières semaines.

    Mais attention, les secondes s’égrènent, et l’arrivée n’arrive pas, toujours pas ! Dans ma tête, une seule obsession : arriver avant 1h31, ce serait si bête… Je compte les mètres, les secondes, je sens qu’il faut que j’accélère, sinon… Je sprinte – enfin, c’est mon impression – il faut que je passe à 1h30 ! [4’07” s/km 21] Je jette toutes mes forces dans le dernier 100 mètres… Enfin la ligne ! J’arrête mon chrono 1h30’39”… Ouf ! 1h30 ! Je l’ai ! Le symbole ! le compte rond ! Je l’ai !… Mais je suis dans un sale état : hors de souffle, vidé. Cela faisait 15-20 mn que je luttais pour rester dans le coup, et c’est fini, enfin fini !

    Je rejoins “mon” Anglaise, la félicite… On bavarde tout en marchant vers la sortie, tout en prenant notre médaille, notre poncho, notre morceau de banane et d’orange… On parle de tout et de rien, on se remet de notre effort (elle s’est bien donnée elle aussi). Elle me vante le marathon de Londres, me parle de ses ennuis de santé récents… Elle est très contente de sa course : elle peut ! Je verrai plus tard qu’elle a fait 1h30’14” (soit 30” exactement de moins que moi) et qu’elle est 5ème des V1 Femmes !… Et pourtant elle n’avait pas l’air comme ça… En tout cas, je lui dois mon chrono, car sans elle j’aurais cogité sur les 12-17 km, j’aurais temporisé, écouté ma fatigue, et je n’aurais pas osé aller aussi vite. Elle a été le bon “lièvre”… Moi qui aime courir en solo, je m’aperçois que courir à deux peut aussi être une bonne façon de se dépasser. En tout cas, je note qu’on peut courir avec un p… de mal de dos, ce qui me surprend beaucoup. Et je note aussi que l’écart entre mes sensations à l’entraînement (pas terribles) et la réalité de la course qui suit (plutôt bonne) est tout à fait incompréhensible, d’autant que cet écart ne cesse de croître au fil du temps, au fil des courses. A l’entraînement, je peinais à tenir l’allure 4’17”/km sur 3 ou 4000 m, et puis là, en course, je tiens plus de 20 km… Vraiment étrange. Il faudra peut-être que je m’habitue.

    Pour finir, je fonce à la consigne, il y a la queue. Je patiente. Enfin je récupère mon sac, je me dépêche de prendre le métro, direction gare de Lyon. Finalement j’arrive 10 mn avant le départ du train… Donc avec un chrono d’1h40, je ratais mon train… Mais 1h40, pfff…

  • Semi-marathon de Paris 2013

    Semi-marathon de Paris, 3 mars 2013  [1h30’44”] > compte rendu

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    Semi-marathon de Paris 2013
  • S8.3 – Semi-marathon de Paris 2013

    Semi-marathon Paris 2013. Temps froid (2°C) ensoleillé. Mal de dos bien présent. Départ dans une foule dense et… peu rapide : 4’38” s/km 1. Mauvaises sensations : je ne sens pas mes jambes… 4’20” et 4’26” s/km 2 & 3, je me ménage. Descente Gravelle : 4’12” & 4’09” pour rattraper mes 20-30” de retard s/obj. 4’17”/km, sans succès. Je repère une coureuse dans mon allure depuis le début, mais elle me distance porte de Charenton. Montée rue Taine difficile (km 8, 4’15”). Ravito bienvenu à Bastille : à partir de là, je me sens mieux (mal de dos supportable). J’accélère : 4’12” sur les quais. Je retrouve ma coureuse… je lui parle : elle est Anglaise ! On décide de courir ensemble, côte à côte – je ne sens plus la fatigue, sorte d’euphorie ! 4’10” s/km 14. Montée de Reuilly très difficile, mon Anglaise me lâche – je la garde en ligne de mire. 4’17” dans la côte… 4’09” descente porte Dorée. Au lac, je suis cuit… mais je lutte : 4’19” & 4’25” s/km 19 & 20. Je donne tout sur le km 21 (4’07”) et je finis HS : 1h30’44”.
    > Garmin

  • 20 km de Paris 2012

    20 km de Paris, 14 octobre 2012  [1h27’05”]

  • S6.3 – 20 km Paris 2012

    20 km de Paris – comme il se doit, sous la pluie, et dans le froid (8°C). 3 h de sommeil, réveil à 6h… Belle connerie (c’est le mot) pour commencer : pause pipi au 3ème km… Et 30 s de perdu ! Un peu de mal à trouver mon allure sur les 1ers km (départ en côte et dans la foule très pénible), puis coup de mou au 7ème km, impression d’aller trop vite. Mais descente ensuite jusqu’à la Seine, permettant de se refaire une santé. Grosse forme ± 12-13ème km, allure < 4’10”/km, puis re-coup de mou au 17ème km (pont Royal), mais je finis bien quand même, dernier km à bloc. Bilan : très bonne FC (± 172-175) (92%), très stable, souffle discret, à ma grande surprise. Allure 4’19”/km, un peu déçu de ne pas avoir fait 4’18”/km… Mais impression de vitesse très agréable, beaucoup de plaisir… c’est ce qui compte. Temps officiel : 1h27’05” (aargh, le pipi de trop !) [[MÉTÉO : assez froid (± 8°C) + pluie continue (pas trop forte) // VETEMENTS : 2 épaisseurs : 1 T-shirt léger (celui de la course) + maillot Gore blanc (Magnitude) [tenue parfaite, pas du tout froid, un peu moulante, pas gênante, idéal] // ALIMENTATION : 2 petits bidons 20 cl (eau + 1/2 sucre + sel) entièrement bus [en revanche, 3ème pas entamé du tout, donc à virer] + aucun gel + 33 cl de Vichy St-Yorre entre 8 h et 10 h (résultat : 2 fois aux toilettes + une 3ème sur le parcours au km 3]]
    > Garmin

  • 10 km L’Équipe 2012 (récit)

    Récit publié sur CCAP le 24/06/12 :

    Ce matin, 10 km « L’Équipe », dans mon quartier… c’est-à-dire dans le 11ème arrondissement de Paris. Pratique de partir de chez soi en footing pour se rendre au départ. La météo est pourrie, comme depuis des semaines sur notre chère capitale. De la pluie est prévue. Pour l’instant, ciel couvert, mais pas d’eau.

    9h20 : rendez-vous avec mon cher ami Philippe CAPiste récent comme moi. Personnellement, j’ai découvert la CAP à la faveur d’une opération des ligaments croisés du genou, il y a 3 ans. 1 an après l’opération, envie de refaire du sport (je faisais du rugby, d’où les ligaments…), alors je me suis mis à courir. N’importe comment et avec n’importe quoi aux pieds – des chaussures Adidas qu’on m’avait données. J’ai passé une année à faire des sorties « débiles » : je partais vite, continuais vite, et rentrais chez moi après 15 ou 20 bornes, crevé, lessivé… mais content de moi ! Du coup, je sortais 2 fois par semaine et ça me suffisait comme ça. Au milieu de ça, quelques rares footings (j’avais l’impression de me traîner et que ça ne servait à rien – quelle bêtise !!!). Bref, tout faux. Et puis j’ai rencontré un jour un coach qui m’a « recadré » pendant 1h30 : on a peu couru, il m’a dit que ma foulée était nulle (il me l’a dit plus gentiment), m’a conseillé tout un tas de choses que j’ai enregistrés (et qui sont naturellement partout expliquées sur ce merveilleux site conseils-courseapied.com). Résultat, je me suis acheté des chaussures dignes de ce nom (Mizuno Rider, un must pour moi, au lieu de mes Adidas de m… qui ont eu raison un jour d’un de mes ongles et qui me gratifiaient de magnifiques ampoules au bout d’une heure). Et puis je me suis appliqué à suivre un entraînement tout aussi digne de ce nom sur conseils-courseapied.com, 3 séances par semaine (crevant au début). Et puis je me suis acheté une jolie montre (Garmin, la 110, je crois). Et ma vie de CAPiste a changé du tout au tout… C’était il y a moins d’un an, à l’automne dernier.

    Depuis, 20 km de Paris en 1h29 (mais j’avais commencé à m’entraîner « sérieusement » depuis 3 semaines), puis surtout le Semi-marathon de Paris en 1h33 et le Marathon de Paris en 3h34. Il me restait à me confronter à un 10 km. C’est chose faite.

    Donc, après cette petite digression/présentation, me voilà en train de tournicoter autour de la colonne de la Bastille, en vidant gorgée après gorgée ma petite bouteille d’eau. Pas de iPhone, pas de gourde, pas de gel, quel plaisir de ne pas partir en excursion !

    Que de monde au départ, il paraît qu’on est près de 10000 ! Je rejoins mon sas (- de 45 mn), un « chauffeur de salle » est à donf, perché sur son petit échafaudage. Il court (sur place), saute, balance les bras… dans la foule, certains l’imitent. Je n’aime pas beaucoup cette agitation à 10 mn du départ. Je m’étire dans mon coin, doucement, regarde les chaussures des uns, les lunettes des autres, quleques looks recherchés, admire les cheveux gris de quelques vétérans, et puis les rares femmes présentes… Je m’occupe, j’ai hâte, je me sens tout petit, tout nul au milieu de tous ces coureurs super équipés qui ont l’air d’être des pros… Ça me rappelle le rugby où je tremblais en sortant des vestiaires en voyant le gabarit de l’équipe adverse. Je me disais « mais qu’est-ce que je fous là ??? ». Là, pareil, qu’est-ce que je fous là ?

    10h00 : c’est parti, ma Garmin recherche encore un peu son satellite (bizarre, cette façon de se perdre 1 mn avant le départ) et bip ! je démarre. Je connais le parcours par cœur, je suis un local, j’ai répété mes gammes depuis 3 semaines, par petits bouts. J’ai bien fait car j’ai vu que je visais une allure d’enfer et que j’étais incapable de la tenir. Je me suis fait des 4’05″/km, des 3’52 », etc. du grand délire ! car ma FC n’a pas suivi du tout et je me suis retrouvé à bout de souffle après chaque 2000 m que je faisais à cette allure. Bref, l’objectif est d’y aller molo molo, histoire de finir autrement que sur les rotules – et surtout de finir ! Vu que je n’ai jamais fait de 10 km, je me méfie ! (de moi-même)

    Donc je pars… tout le monde démarre tranquille, on est absorbé par le rythme général, on se fait sa place (du monde !), on adopte une bonne foulée, on se tient droit, on balance bien les bras, et… j’essaie aussi de « sentir » un peu mes nouvelles chaussures (Mizuno ! encore et toujours, mais des ‘Précision’ cette fois, parce que c’est plus léger et que j’en avais envie – sauf que je les ai achetées hier et que je ne les ai pas encore testées – ne jamais faire ça !!! – mais bon, pour 10 km, je ne risque rien…).

    On tourne place de la République, je regarde ma montrer : ouch ! 4’04″… Aïe, parti vite quand même, c’est pas boooon… mais comment faire ? tout le monde court à cette allure, je me sens bien, la FC est bonne, le souffle est discret… on verra plus tard.

    L’avenue de la République commence, jolie montée d’1,5 km, en pente douce, mais ça monte quand même ! Je sais qu’à cet endroit je dois être à 4’15 » minimum pour ne pas arriver essoufflé là-haut, au Père Lachaise (je l’ai bien vu à l’entraînement). Résultat, je continue à la même allure… 4’10″/km… Hum… Mais puisque je ne force pas… Au croisement de l’av. Parmentier, je vois ma femme et l’un de mes fils, je tape dans les mains, j’ai la patate, ça ne fait que quelques minutes que je cours…

    En haut de l’avenue, au Père Lachaise (km 3), finalement tout va bien, pas trop essoufflé (étrange, à l’entraînement j’étais dans un autre état). On arrive sur du plat, légèrement descendant (bd de Ménilmontant, av. Philippe Auguste). Je me dis que je vais me refaire une santé, mais bon, non, je le sens bien, tant pis, je me mets sur le terre-plein central parce qu’il y a décidément trop de monde et j’ai autre chose à faire que du slalom… Du coup, 4’01″/km.

    On arrive place de la Nation, je commence à me dire que ce serait bien qu’on arrive… Mouais, je n’ai couru que 4,5 km… Seulement ? Là, je me dis : il va falloir tenir, je n’ai pas fait la moitié.

    Place de la Nation, gros vent de face, aïe, j’ai horreur, impression sérieuse que ça ralentit… Le doute s’installe.

    Tiens, km 5, un ravitaillement (je ne savais pas qu’il y avait un ravitaillement pour un 10 km). Je me dis que je boirais bien une petite gorgée ou deux, je saisis au vol une petite bouteille, je m’arrose, je bois mes deux gorgées (pas facile à cette allure) et balance la bouteille encore à moitié remplie dans la poubelle (panier à 3 points, pour une fois). Du beau gâchis, tout de même.

    Sur le cours de Vincennes, on a l’avantage (façon de parler) de croiser ceux qui sont devant car il y a un demi-tour un peu plus loin. Je les regarde, je m’attends à voir des pros voler dans les airs, j’observe surtout des types pas plus frais que moi qui commencent à se « tasser ». Ça ne me rassure pas.

    Je fais mon 1/2 tour et je me dis qu’il en reste encore plus de 4 (des km) et que ça ne va pas être simple si je veux garder mon allure (4’10 » au km 5 puis 3’59 » au km 6).

    On descend le boulevard Diderot, cool, je vais me « refaire » (je ne pense qu’à ça). Sauf qu’en même temps, un idée vient parasiter cette belle résolution : et si j’accélérais ? Après tout, l’arrivée n’est pas loin… plus que 3-4 km, je vais forcément tenir le coup (à côté d’un marathon, ce genre de course, c’est du pipi de chat – qu’on se dit dans ces cas-là). Bingo, je profite de la descente pour me refaire une belle foulée et accélérer un peu l’allure. Résultat : 4’03″/km au km 7.

    Sauf que là, ça va quand même se compliquer : on tourne rue de Reuilly (oh que je connais bien, je dois y passer 2 ou 3 fois par semaine, mais en descente !), et là… ça monte ! Aïe, quelle saloperie cette rue de Reuilly (déjà faite au Semi et au Marathon de Paris). Finalement, je me dis, tant pis, c’est la dernière côte, je suis presque arrivé, je la monte au train, allez, on balance les bras, je ne vais pas me laisser faire ! Résultat : 4’09″/km sur le km 8.

    Arrivé au bout de la rue, place Félix Eboué, je me dis que… ouh la… le souffle, c’est bof, et les jambes, c’est bof bof. Ce serait bien qu’on arrive.

    Mais il reste 2 km, et à ce rythme, je commence à douter sérieusement de mes capacités. On tourne rue de Charenton, je me dis qu’on arrive dans pas longtemps… je maintiens l’allure. Au pire je déclinerai un peu à la toute fin et je finirai dans un sale état, mais je ne vais quand même pas me ramollir si près du but… Résultat sur le km 9 : 3’47″…

    Et là, on se dit que sur le panneau, là-bas, au loin, ça doit être écrit « 10 km ». Sauf qu’entre le 8ème et le 10ème, il y a le 9ème. Pas de bol.

    Et le 9ème, apparemment compte double.

    Je suis sur l’avenue Daumesnil, autour de moi, ça tire la langue. Tandis que moi, je… tire beaucoup beaucoup la langue. Ah c’est ce truc blanc, là-bas, l’arrivée ? Merde, c’est loin, loin, très loin. On la voit de loin cette p… d’arrivée.

    A vrai dire, cette longue ligne droite d’1,5 km est une HORREUR !!! Je crache mes poumons, j’ai les jambes en coton, et plus j’avance, plus j’en bave !… Voilà que j’ai carrément envie de vomir ! Voilà que j’ai du mal à fixer l’horizon, ma tête tangue !… Ouille ouille… Je me demande même si je cours toujours… on dirait que je cavale sur place dans une salle de gym…

    De 100 mètres en 100 mètres, ça se rapproche vaguement, et toujours cette nausée… et puis… ben tant pis, soyons trivial, j’ai même la fin du système digestif qui n’a plus l’air de contrôler grand chose… Je me retiens !

    Et puis, finalement, au bout d’une heure de combat avec moi-même, je franchis la ligne ! Dans un sacré mauvais état… Jamais ressenti autant de fatigue, même lors d’une séance de VMA un peu costaud… Là, c’est… psssssschiiiiiiit…

    Je verrai en rentrant que j’ai tenu ce dernier km en 3’56″… En fait, je fonçais pour en finir, sans m’en rendre compte…

    Résultat final : 40’57 » (54″ me dit ma montre, je la crois, c’est l’électronique de la course qui délire… 😉

    Eh bien, je confirme, un 10 km, c’est violent. La fin est terrible. Je voulais me la jouer un peu cool, et puis finalement, on se laisse entraîner…

    Mais, au final, c’est du bon, forcément. On se dit que c’est une très bonne expérience, que ça permet d’atteindre une allure qu’on ne soupçonnait pas, qu’on arrive à tenir un bon moment quand même – utile pour le semi où j’ai tourné à 4’22 » de moyenne. Peut-être que je pourrai descendre la prochaine fois un petit peu en dessous des 4’20″…

    Evidemment, je pense à la prochaine fois : essayer de descendre sous les 40 mn… Mais je sens que la minute en moins va être très, très compliquée… Une minute sur un 10 km, c’est du lourd, et il me faudra peut-être plus d’un an pour y arriver. Et puis, à 40 ans, il faut rester raisonnable…

    Bonne(s) course(s) à tous !!!

  • 10 km L’Équipe 2012

    10 km L’Équipe, 24 juin 2012  [40’57”]

  • 20 km Paris-Saint-Germain-en-Laye 2012

    20 km Paris-Saint-Germain-en-Laye, 27 mai 2012  [1h31’20”]

  • Marathon de Paris 2012

    Marathon de Paris, 15 avril 2012  [3h34’05”]

    Marathon de Paris 2012
    Marathon de Paris 2012
    Marathon de Paris 2012