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  • 10 km Chauny 2013

    10 km Chauny, 25 août 2013 [41’37”] > compte rendu

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  • S9.3 – 10 km Chauny

    10 km de Chauny. Chrono 41’37”. Très mauvais chrono puisque 30” de + qu’il y a 2 mois aux 10 km de Paris (41’02”, alors déjà mon plus mauvais chrono). Pourtant parti sans forcer (4’09”/km), mais dans le dur à partir des km 4-5 (1er passage au pont sur le canal). Presque envie d’abandonner à 6,5 km. Du coup, ALm 4’08”/km, bien loin des 4’/km, FCm 173 [93%]. Foulée correcte, mais je n’avance pas et j’ai le souffle très court – mode survie… Certes pluie + vent pas faciles, mais parcours très plat, donc… Quelle(s) raison(s) d’un si mauvais chrono ? 1. Un mois d’arrêt à cause de la Thaïlande et de ma blessure au pied 2. Reprise de l’entraînement (essentiellement footing) il y a seulement 10 jours à Carqueiranne 3. Aucun travail de VMA récent 4. Mal de dos persistant et même croissant depuis des mois (malgré ostéo et semelles) qui m’empêche de trouver de la vitesse en course. Une seule solution : reprendre TRÈS sérieusement l’entraînement, avec une bonne prépa générale axée notamment sur un gros travail de VMA (+ PPG).
    > Garmin

  • 10 km L’Équipe 2013

    10 km L’Équipe, 23 juin 2013 [41’02″] > compte rendu

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  • S4.2 – 10 km L’Équipe

    10 km L’Équipe. Chrono 41’02” (+ 5”/2012). Ma 1ère contre-performance depuis que je cours ! Pas en forme + entorse légère genou droit hier au rugby… Du coup, échauffement en boitant – ça commençait mal… Départ, je laisse la meute me dépasser (obj. 4’/km). Jusqu’au km 3, foulée correcte, sans + (3’59”, 4’01”, 3’58”). Long faux plat montant vers Nation usant (vent) (4’06” et 4’09” s/km 4 & 5). Cours de Vincennes, je ne parviens pas à réaccélerer (4’06” s/km 6), ni dans la descente vers Porte Dorée (4’ s/km 7). 600 m de montée place F. Eboué sont fatals : 4’16” s/km 8, impossible d’aller plus vite. 2 derniers km à 3’59” et 3’56”, mais c’est trop tard pour reprendre ce que j’ai perdu… [La mn perdue n’est pas visible par Garmin] Raisons de ce mauvais chrono ? 1) mauvaise préparation – surentraînement ? (5 s./sem s/2 sem.), même si je n’ai couru qu’une fois cette semaine 2) fatigue générale : mauvaises nuits + surtout match rugby hier qui m’a entamé plus que prévu 3) + 2 kg pris récemment 4) aucun gainage/PPG/PPS.
    > Garmin

  • 20 km Paris-Saint-Germain-en-Laye 2013

    20 km Paris-Saint-Germain-en-Laye, 26 mai 2013 [1h27’24 »] > compte rendu

    PSG 2013 (officiel)
    PSG 2013 (officiel)
  • S6.2 – 20 km Paris-Saint-Germain-en-Laye 2013

    20 km Paris-Saint-Germain-en-Laye 2013. Temps officiel : 1h27’24”. Super chrono, dont je ne reviens pas vraiment, car prendre 4’ sur l’an dernier me semblait inespéré. C’est Fred (runners.fr) qui m’a mis la puce à l’oreille avec ses 1h26… Je me suis dit “et pourquoi pas ?” puisque je ne suis pas loin derrière ses performances. Pourtant 10 1ers km avec des jambes dures, comme tétanisées par le stress : sensations très moyennes, pas forcément envie d’en découdre. Mont-Valérien plutôt bien monté quand même, plus vite que l’an passé (mal aux jambes au sommet). Dans la descente, du plaisir à aller vite (4’05”/km). Ensuite, longue gestion de l’allure cible (± 4’15”/km) sur le plat (km 8 à 17). Etonné par ma FC, très basse pour une telle allure, ± 165 [89%]. Montée finale fantastique, très rapide (4’43” et 4’36”/km sur km 19 & 20), avec un peloton derrière moi… puis sprint final. Impression d’un gros progrès et de pouvoir descendre sous 3h10 au marathon à l’automne !
    > Garmin

  • Marathon de Paris 2013

    Marathon de Paris, 7 avril 2013  [3h14’20”] > compte rendu

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  • S13.3 – Marathon de Paris 2013

    Marathon de Paris 2013. Chrono 3h14’20” (objectif atteint 3h15, 4’37”/km). Nuit courte : 1/2 heure de sommeil ! Froid glacial (2°C). J’essaie de me mettre vite dans l’allure, dès la rue de Rivoli. Bonnes sensations, sans plus. FC > 160 dès le 5ème km… Je crains le pire, et au bout de 10 km j’arrête de regarder la FC… Mais du coup je maintiens l’allure juste au-dessus de 4’37”/km pour ne pas me griller, ce qui donne peu à peu 50 s/1 mn de retard. Je compte sur l’av. de Gravelle pour me refaire (en partie). Mais au semi, rien n’a changé, ou si peu. Après Bastille, je me dis qu’il faut reprendre cette mn, j’accélère en douceur… pour passer sous les 4’37”/km et tourner peu à peu autour de 4’30”/km, selon le relief. Au km 25, 1ères douleurs au mollet (gauche) : je me décontracte, ça passe (mais ça reviendra). Je grimpe bien le km 32 et j’accélère encore dans le bois de Boulogne pour refaire mon retard ! Je finis à fond sur les derniers km avec ce qu’il me reste de jambes…
    > Garmin

  • Marathon de Paris 2013 (récit)

    Marathon de Paris 2013. Tout commence le 7 avril à 8h45. Enfin, pas tout à fait… Ça a commencé avant, il y a 3 ans, quand j’ai décidé de me remettre à courir après une opération du genou (un an avant). Une sortie par semaine, à fond, entre 15 et 20 km. Donc du n’importe quoi. En fait ça a commencé il y a un an et 1/2, quand j’ai décidé de m’acheter des chaussures dignes de ce nom, qui ne me fassent pas mal à chaque sortie, et quand j’ai décidé de suivre un plan d’entraînement. Et puis ça a commencé il y a un an pile, lorsque j’ai décidé de participer à mon premier marathon, celui de Paris, précisément. 3h34. J’avais tellement peur de ne pas aller au bout que je m’étais freiné pendant 42 km, daignant accelèrer sur les 195 derniers mètres. En fait, ça a commencé en janvier, quand j’ai commencé ma prépa sur 13 semaines, avec en février les Foulées de Vincennes, 10 km et 40’26”, et le semi-marathon de Paris en mars, 21 km et 1h30.

    Non, en fait ça a surtout commencé samedi, veille de la course. Le soir, je me couche tôt. Sagesse, prudence, concentration. Tellement sage, tellement prudent, et tellement concentré que je ne m’endors pas. Impossible. Dans ma tête, je cours. Je passe à Bastille, je traverse le Bois de Vincennes, je repasse à Bastille, je cours sur les quais, je passe devant le Trocadéro, je monte dans le Bois de Boulogne, les spectateurs m’encouragent, plus que 6 km, plus que 4, plus que 2, porte Dauphine, j’accélère, je passe la ligne… yes ! 3h15 ! Je suis un héros. Comme un skieur avant de dévaler la pente, qui visualise sa descente, un virage à droite, un virage à gauche, un saut, revirage à gauche, etc. Je visualise tout, je cours. Et je ne ferme pas les yeux. 1h40, je tombe, m’endors. 2h16, je me réveille. J’ai bien dormi. Je regarde l’heure. Aïe. Il faut que je me rendorme, merde ! 3 h. J’écoute la radio. 4 h, pas sommeil. 5 h, il faudrait que je dorme au moins une heure… 6 h, si je m’endors, je ne me réveillerai pas… 6h45, il faut que je me réveille ! Heureusement, ouf, je n’ai pas dormi… Je vais donc me lancer à l’assaut de ces 42,195 km avec une seule petite demi-heure de sommeil… Mon dieu, j’en frissonne par avance.

    Enfin, je me lève. Super frais. Je m’habille, me prépare, bois, mange ma part décongelée de Gatosport du marathon de La Rochelle d’il y a 6 mois… Je me fais un café, fume une petite cigarette pour me détendre… Je termine de m’habiller, je sors, croise un de mes fils qui vient de se réveiller et qui m’encourage… Adios. Je pars à la guerre.

    Premier contact avec l’air extérieur… pu… tain ! qu’il fait froid ! Métro. Miromesnil, je termine à pied, en courant, pour m’échauffer. Pu… tain ! qu’il fait froid !

    Je rejoins mon sas (3h30) une 1/2 h avant le coup de pistolet. Bizarrement pas grand monde, je me place devant, derrière les 3h15 dont j’espère faire partie à l’arrivée…

    8h40, j’enlève mon sac en plastique… brrrrrrr… quel froid glacial, je tremble, de partout… brrrrrr… 8h50 et quelques, c’est parti, bip la Garmin. Objectif 4’37”/km, 3h15 – un peu plus ou un peu moins, on verra (mais, dans ma tête : oh oui, moins de 3h15, ce serait tellement bien ! Si j’applique exactement mon plan de course et le 4’37”/km, ce sera 3h14’48” e-xac-te-ment).

    Rue de Rivoli, j’essaie de rentrer dans l’allure. Je regarde mon cardio : déjà plus de 155, aïe. Je sais que je dois rester le plus longtemps possible sous les 160, au moins jusqu’au semi, pour pouvoir passer au-dessus ensuite et finir à peu près bien. Mais c’est mal barré, au bout de quelques km, j’y suis à 160. Et je ne redescendrai plus.

    Les sensations sont médiocres : jambes un peu lourdes, pas beaucoup de jus, et puis ces 4’37”/km, mine de rien pour moi, c’est rapide… Et je me dis que je ne tiendrai pas jusqu’au bout comme ça. Voilà, c’est ça le marathon pour moi, c’est passer tout le premier semi à me dire que je ne tiendrai pas l’allure jusqu’au bout, que je surestime mes forces, que je ferais mieux de ralentir, d’assurer, que je suis gourmand et que je vais le payer. Une heure et demie de gamberge, de rumination, d’auto-flagellation… Je déteste ce premier semi. Dans la montée rue de Reuilly, je me supplie d’y aller cool, de ralentir, mais je n’en fais qu’à ma tête… Je garde l’allure, je m’accroche. C’est les montagnes russes, ça redescend vers la porte Dorée : je me refais une santé, fais baisser le cardio tout en récupérant les quelques secondes perdues dans la montée… Et puis ça remonte vers le lac… Je connais par cœur cette portion du parcours, puisque je m’entraîne là tout l’année, que je connais les moindres faux plats, que je sais parfaitement où le cardio s’emballe et où il s’apaise un peu…

    Dans la descente de l’av. de Gravelle, en lisière du bois, ça descend… je connais la route par cœur, je sais qu’on peut se refaire une santé à cet endroit, qu’il faut même en profiter ! que le cardio baisse, que les sensations reviennent, que l’allure gagne 10 s facile… C’est ce que je fais. Mais rien à faire : ma minute de retard est toujours là, plus ou moins. Marre ! qu’est-ce qui se passe ?…

    Au début de l’avenue Daumesnil, c’est le semi, le portail libérateur ! Pour moi, c’est essentiel. Psychologiquement, je me transforme, je me débarrasse de ma gamberge : OK, c’est bon, j’ai fait la moitié, je terminerai ! Je sens bien à ce moment-là si oui ou non j’ai les réserve pour un nouveau semi, et à quelle allure. Je sais si je peux accélérer un peu ou non. Je prends mon temps pour décider. J’attends la Bastille. J’écoute ce que me disent mes jambes. Je laisse gentiment mon cerveau s’imprégner des dernières informations physiologiques… En retour, je laisse mon cerveau gentiment imprégner mes jambes de ma volonté FAROUCHE d’accélérer et de finir dans le temps que je me suis donné. Je passe Bastille, on tourne à gauche vers la Seine. Ça descend un peu. Allez, 2 km que je cogite et que je délibère avec moi-même : j’y vais, j’accélère. Marre de cette minute de retard ! Il faut que je la reprenne. Si c’est pour finir à 3h17 ou 18, c’était vraiment pas la peine !

    Peu à peu, sans brutalité, j’améliore ma foulée, je prends un rythme très légèrement plus rapide. L’idée est justement d’être très progressif, pour ne pas heurter l’organisme, ni ensuite, psychologiquement, m’offrir une compensation quelconque et trouver un prétexte à ralentir. Comme un régime alimentaire : pour que ça marche, il faut y aller en douceur, mais avec détermination.

    Au 25ème km, sur les quais, le mollet gauche m’envoie un signal… aïe ! Il semble dur, aïe ! Je me décontracte, ralentis très légèrement, 50 m, 100 m… ça va mieux, ça semble passer. Mais alerte tout de même.

    Dans le long tunnel sur les quais, je me sens bien. Il fait moins froid, les jambes tournent toutes seules, tout a l’air d’aller, même si je trouve que… ça va vite quand même !

    Au Trocadéro, drôle de sensation, une espèce de faux plat misérable (dénivelé positif d’1m50, à tous les coups) qui paralyse soudain toute la troupe – moi compris. Impression de monter un col, aïe : c’est là qu’on se dit qu’on est bien entamés pour subir autant un vague faux plat.

    A la Maison de la Radio, je passe près de chez Philippe O… C’est moi qui le vois ! Je l’interpelle, m’agite ! Il m’aperçoit, me fait des grands signes, surpris… Je poursuis. Ça m’a fait du bien de le voir ! C’est le seul supporter que j’ai…

    La suite, peu de souvenirs… C’est dur, c’est long… mais c’est bon ! je gère la fatigue. Mais je continue à un bon rythme. Le Bois de Boulogne est étrangement silencieux, les organismes sont à la peine, peu de spectateurs. Au fond de moi, je suis heureux, je sais qu’il ne reste que quelques km et que j’ai assez de réserves pour tenir à un bon rythme. km 36 4’36”, puis 4’29”, 4’32”, enfin au km 40 4’22”, km 41 4’32”, km 42 4’26”, et les 500 derniers mètres 3’51”/km !

    Peu avant l’arrivée, au moment de quitter le rond-point de Dauphine, j’aperçois Claire qui crie dans la foule des spectateurs ! Je me retourne un bref instant, lève les bras, crie ! Mais je continue, je fonce vers la ligne d’arrivée… qui me donne l’impression, d’ailleurs, de ne jamais arriver…

    Bip ! ça y est ! la ligne est franchie, j’arrête la montre… 3h14’20” ! Eh bien voilà, c’est fait, objectif moins de 3h15 rempli ! Six minutes de moins qu’au Marathon de La Rochelle il y a six mois … Je ne suis pas venu pour rien, et surtout, à Paris, sur un parcours que je ne trouve vraiment pas facile, plein de faux plats partout… Heureux ! vraiment heureux !

    Je repense à mon premier marathon ici même il y a un an, et de l’émotion que j’avais eue en franchissant la ligne, le côté surréaliste de la chose, d’avoir couru aussi longtemps, d’être parvenu à boucler ces 42,195 km… et je repense à cette fatigue que j’avais ressentie dans les minutes qui avaient suivi, cet espèce d’écroulement intérieur… Eh bien, cette fois, un an après, au même endroit, les choses ont changé : la fatigue n’est plus aussi forte, les jambes marchent agréablement… C’est le métier qui rentre !

  • Semi-marathon de Paris 2013 (récit)

    Semi-marathon de Paris 2013. Chrono officiel : 1h30’44”. Tout se termine bien, malgré de gros doutes au départ. Chrono de l’an passé : 1h33’10” / chrono visé : 1h31 / chrono plus ou moins espéré : 1h30 / chrono de dingue que je ne crois pas mériter mais-sait-on-jamais-sur-un-malentendu : 1h29…

    Après une bonne nuit de sommeil, petit déjeuner expéditif (café, quasiment rien d’autre). Température très froide, 2°C (mais ciel ensoleillé) : je choisis de mettre 3 couches (sous-maillot sans manches + maillot Odlo manches longues + gilet Gore). J’opte – première fois – pour la légèreté totale : ni iPhone, ni bidons d’eau. Je me satisferai des ravitaillements tous les 5 km. De toute façon, par ce froid, aucun danger de me déshydrater rapidement. Et puis je tiens très bien 1 heure sans boire, donc 1h30…

    Arrivée sur place à 8h50. Je dépose mon sac à dos – plein à craquer (celui des vacances à Valandry-Les Arcs) – à la consigne. Je retrouve Philippe P. : on trottine un peu, il fait froid. Mais le soleil est là, ça compensera. J’ai évidemment très mal au dos – je me dis que ça va être une belle lutte de courir avec ça, surtout sur la fin avec la fatigue. Je crois si peu en moi que j’ai pris ma carte Velib’ en cas de défaillance, histoire de rallier tout de même l’arrivée et de récupérer mon sac – et de ne pas louper mon train…

    9h30, chacun rejoint son sas. Je suis dans le 1h35 – il y a déjà du monde. Je me mets sur le bord, assez loin du départ. Je m’étire doucement, comme toujours. Un dernier pipi très classe à travers le grillage (je n’en peux plus, et je ne suis pas le seul) face aux coureurs et aux supporters qui passent par là…

    10h00, c’est parti, je franchis la ligne… et démarre avec peine ma Garmin. La foule est dense, l’allure très moyenne. Impossible d’adopter d’entrée un rythme soutenu : je prends mon mal en patience, et me dis que c’est un échauffement salutaire pour la suite… [1er km : 4’38”]

    Je vois au bout de 2 km que j’ai 22” à rattraper sur mon objectif d’1h30 (en fait, 1h29’57” pour une allure cible de 4’17”/km – mais j’ai fait une erreur, dont je me suis aperçu plus tard : j’ai oublié les 100 m de la fin, donc à 4’17”/km, ça fait plutôt 1h30’23”…). Je les rattraperai peut-être dans la descente de l’av. de Gravelle.

    Autour de l’hippodrome, je fais le dos rond, je sais que ça monte, qu’il ne faut pas se mettre bêtement dans le rouge dès le début, et qu’à l’entraînement je n’étais pas très bien sur cette portion en essayant de tenir l’allure (ou du moins de ne pas trop perdre sur cette allure) [4’20” et 4’26” s/km 2 & 3]

    En fait, ces premiers km sont étranges : je ne sens pas mes jambes, elles sont comme anesthésiées. Ainsi, sur la descente de Gravelle, je ne parviens pas à réaliser si je vais vite ou non. Je suis dans le vague, je ne suis pas très sûr, dans ma tête, d’avoir réellement commencé à courir… Sensation assez désagréable finalement. Car je vois bien que c’est signe que je ne suis pas dans un grand jour et que je n’ai pas très envie d’être là… Et puis mes 22” de retard n’ont pas bougé, je suis incapable de les reprendre [4’12” & 4’09” s/km 4 & 5].

    Peu à peu, je repère une coureuse dans la foule, pile dans mon allure. On se suit depuis un moment. Elle finit par me distancer porte de Charenton, dans la descente. Je la perds de vue.

    Je me réveille progressivement, mon mal de dos est supportable (même si bien présent) – il faudra que ça dure comme ça jusqu’au bout.

    La montée place Félix Eboué (rue Taine), l’an dernier si facile (je me souviens l’avoir faite au téléphone avec Claire), me paraît cette fois assez dure : le cardio s’emballe, le souffle se réduit. Il faut dire que cette fois mon ambition est de tenir autour de 4’16-17”/km [4’15” s/km 8, avec la côte]. Il fait bon d’arriver en haut et de redescendre l’av. Daumesnil.

    À Bastille, ravito 10 km, je me relance – j’ai des forces, je ne me sens pas si mal, mon dos est supportable. Sur les quais, je me sens vraiment bien, j’accélère. L’envie de courir est bien là. Il m’aura fallu 10 km pour la retrouver bel et bien… [4’09” & 4’12” sur les quais, km 12 & 13]

    À l’Hôtel de Ville, je retrouve ma coureuse, qui était devant moi depuis un bon moment : « 1h30 ? », je lui demande. Elle ne comprend pas, me répond en anglais : elle est anglaise ! On échange quelques mots, et puis on décide instinctivement de courir ensemble. À partir de là, je cours sans penser, sans souffrir, je cours –  vite, avec beaucoup de plaisir. La présence de cette Anglaise à mes côtés produit chez moi un effet euphorisant ! comme s’il ne pouvait plus rien m’arriver – en tout cas aucune défaillance. Puisque nous partageons l’effort… L’un entraîne l’autre, nous prenons des sortes de relais [4’10”, 4’14″ & 4’19” s/km 14, 15 & 16]. Ainsi jusqu’à la côte de Reuilly, où je la vois lentement, mais sûrement, me distancer – mètre après mètre… Je monte tout de même la côte à bonne allure, comme si, dans ma tête, c’était plat… [4’17” s/km 17] et j’arrive à nouveau place Félix Eboué bien cramé… Je respire un grand coup, me relâche, et repars dans la descente – il reste encore 3 km et je n’ai plus beaucoup de jus [4’09” s/km 18].

    Porte Dorée, ça remonte, je suis à la peine, et même très mal… J’arrive dans le dur exactement au même endroit que l’an dernier (le long du lac) et je me dis que la souffrance va être très longue, car il reste 2 km. Je m’accroche – pas le choix – comme je peux : le souffle est court, sonore, mes jambes sont cuites, lourdes. J’ai l’impression d’un énorme effort à chaque pas, car je n’ai qu’une envie : m’arrêter – m’arrêter définitivement. Mon Anglaise est toujours en ligne de mire, 30 ou 40 m devant moi. Je la perds parfois de vue. Dernier virage av. Daumesnil, l’arrivée est encore invisible, je n’en peux plus, je n’avance plus… [4’19” & 4’25” s/km 19 & 20.]

    Je vois enfin l’arrivée, elle est encore loin. À ma montre, je viens de passer 1h30, je serai donc au dessus : le 1h29 sera pour une prochaine fois (rêve un peu fou pour cette année). Déjà 1h30 tient du miracle, compte tenu de ma douleur au dos et de mes entraînements assez médiocres ces dernières semaines.

    Mais attention, les secondes s’égrènent, et l’arrivée n’arrive pas, toujours pas ! Dans ma tête, une seule obsession : arriver avant 1h31, ce serait si bête… Je compte les mètres, les secondes, je sens qu’il faut que j’accélère, sinon… Je sprinte – enfin, c’est mon impression – il faut que je passe à 1h30 ! [4’07” s/km 21] Je jette toutes mes forces dans le dernier 100 mètres… Enfin la ligne ! J’arrête mon chrono 1h30’39”… Ouf ! 1h30 ! Je l’ai ! Le symbole ! le compte rond ! Je l’ai !… Mais je suis dans un sale état : hors de souffle, vidé. Cela faisait 15-20 mn que je luttais pour rester dans le coup, et c’est fini, enfin fini !

    Je rejoins “mon” Anglaise, la félicite… On bavarde tout en marchant vers la sortie, tout en prenant notre médaille, notre poncho, notre morceau de banane et d’orange… On parle de tout et de rien, on se remet de notre effort (elle s’est bien donnée elle aussi). Elle me vante le marathon de Londres, me parle de ses ennuis de santé récents… Elle est très contente de sa course : elle peut ! Je verrai plus tard qu’elle a fait 1h30’14” (soit 30” exactement de moins que moi) et qu’elle est 5ème des V1 Femmes !… Et pourtant elle n’avait pas l’air comme ça… En tout cas, je lui dois mon chrono, car sans elle j’aurais cogité sur les 12-17 km, j’aurais temporisé, écouté ma fatigue, et je n’aurais pas osé aller aussi vite. Elle a été le bon “lièvre”… Moi qui aime courir en solo, je m’aperçois que courir à deux peut aussi être une bonne façon de se dépasser. En tout cas, je note qu’on peut courir avec un p… de mal de dos, ce qui me surprend beaucoup. Et je note aussi que l’écart entre mes sensations à l’entraînement (pas terribles) et la réalité de la course qui suit (plutôt bonne) est tout à fait incompréhensible, d’autant que cet écart ne cesse de croître au fil du temps, au fil des courses. A l’entraînement, je peinais à tenir l’allure 4’17”/km sur 3 ou 4000 m, et puis là, en course, je tiens plus de 20 km… Vraiment étrange. Il faudra peut-être que je m’habitue.

    Pour finir, je fonce à la consigne, il y a la queue. Je patiente. Enfin je récupère mon sac, je me dépêche de prendre le métro, direction gare de Lyon. Finalement j’arrive 10 mn avant le départ du train… Donc avec un chrono d’1h40, je ratais mon train… Mais 1h40, pfff…